11/12/2012

Récupération d'eau par Rammstein (2008)



" Ce long week-end de l'Ascension ne s'annonçait pas folichon : visites interminables dans la belle-famille, taux d'alcoolémie ne descendant pas en dessous de 3g, repas légers à base de saucisses, charcuterie, jarrets de porcs et patates..."

Afin de mettre un peu d'animation, je décidai finalement de me consacrer à l'écriture d'un article sur la façon de se procurer de l'eau. 

Deux techniques avaient particulièrement attiré mon attention lors de mes lectures : la distillation de l'eau contenue dans le sol, et le recueil de l'eau issue de la respiration végétale.

Mais d'abord plantons le décor : depuis 2 mois la canicule sévit sur l'hexagone. 
Plusieurs centrales nucléaires, en raison du niveau trop faible des fleuves, ont dû s'arrêter, et les coupures d'électricité sont désormais courantes. 
Certains jours les coupures sont même totales.
 Pour couronner le tout, le pays vit sous le régime de la quarantaine en raison d'une grave épidémie de grippe aviaire : quiconque s'aventure dans la rue risque d'être abattu par une patrouille de l'armée, qui ne plaisante pas avec les hors-la-loi !

Bref vous êtes confiné chez vous, et bizarrement depuis une semaine l'eau ne coule plus du robinet. Les rares informations télévisées que vous captez de temps en temps n'ayant rien signalé d'anormal, vous vous dites que le désagrément ne sera que temporaire, mais après avoir bu l'eau de votre cumulus, votre réserve de vin et les 5 litres de votre chasse d'eau, vous vous dites qu'il va falloir songer à trouver rapidement une source d'approvisionnement alternative. Votre pavillon de banlieue dispose fort heureusement d'un jardinet d'une vingtaine de mètres carrés. Comment exploiter au mieux cet oasis de verdure ?

Trop tordu comme scénario ? Bon, supposons que vous êtes perdu dans la garrigue avec une jambe cassée, qu'en ce mois de juillet il fait vraiment très chaud, et que vous n'avez informé personne avant votre escapade. Il va falloir survivre le temps que les secours vous retrouvent. C'est plus crédible ?


MISE EN PLACE


Ma belle-mère ayant émis un veto formel à ma demande de saccager d'utiliser le jardin familial, je dus me rabattre sur un champ voisin pour me livrer à mes expériences.

La veille avait été humide mais il n'avait pas plu. Le sol était plutôt meuble, sans être pour autant gorgé d'eau. Les températures de la nuit ne sont pas descendues en dessous de 12°C lors de l'expérience. En journée, on attendait 24-25°C, et surtout du soleil. 


Sur le coup des 10 heures du matin, ayant trouvé l'endroit approprié, j'entrepris de creuser un trou de 1 mètre de diamètre - soit une surface de 0,8m² - sur 30 centimètres de profondeur. J'évitai de tasser le fond pour permettre une meilleure évaporation de l'eau contenue dans le sol.
 

Je plaçai au fond un récipient, et recouvris le trou d'un film en plastique transparent, que je maintins avec quelques rares cailloux et des pelletées de terre. Je plaçai ensuite un caillou à la verticale du récipient.


Une fois rentré à la maison, j'emballai les branches d'un arbre à l'aide de 2 sacs en plastique transparent, puis rejoignis les autres pour la beuverie journalière. A ce moment de l'expérience il ne faisait aucun doute pour ma belle-mère que son gendre traversait une grave crise de délirium tremens...

RÉSULTATS

26 heures plus tard, vers 14 heures et profitant de mon jogging purificateur, je retournai sur le lieu de mon premier crime. L'installation était toujours là. Le film plastique se présentait tout de même un poil détendu, sans doute sous l'action du soleil.

Après avoir découvert le trou, le récipient s'avéra rempli d'environ 160 mL d'eau et - cerise sur le gâteau - de quelques grammes de protéines animales ! Ne mourrant pas de soif à ce moment là, je me retins de lécher le film plastique, mais à vue de nez il devait encore y avoir quelques cL à grappiller. 



De retour à la maison, je fonçai dans le jardin pour voir ce qu'avait donné la respiration végétale. Le rendement n'a pas été aussi bon qu'avec le distillateur solaire. 



Là non plus je n'ai pas cherché à recueillir la dernière goutte. J'obtins tout de même 30 millilitres avec mes 2 sacs poubelles de 20 litres.

 

CONCLUSION

Cette expérience visait surtout à quantifier l'eau récupérable via ces méthodes.

Autant recueillir l'eau issue de la respiration végétale est simple, autant le résultat est maigre. La distillation solaire nécessite a contrario des efforts supplémentaires (il faut creuser), mais avec 6 trous de 1 mètre de diamètre il devrait être possible de recueillir suffisamment d'eau pour subvenir aux besoins journaliers d'une personne sédentaire.

J'aurais sans doute pu améliorer l'installation - et par conséquent le rendement - en scellant plus hermétiquement le trou avec le plastique. mais comme dans tout champ allemand qui se respecte, j'ai eu du mal à trouver des cailloux ! 
Je serais venu au lever du jour, j'aurais également pu recueillir l'eau de rosée déposée sur la face externe du film plastique.
 Malheureusement lors de ma venue en début d'après-midi cette eau s'était déjà évaporée.

L'eau ainsi recueillie est distillée, c'est à dire qu'elle ne contient pas de minéraux. 
Dans le cadre d'une alimentation normale cela ne porte pas à conséquence, mais en période de pénurie alimentaire les conséquences pour l'organisme peuvent s'avérer fâcheuses. 
Dans ce dernier cas il faudra prévoir un apport en minéraux sous forme de comprimés de sel.

L'eau étant de toute façon impropre à la consommation dans le coin d'Allemagne où je passais le week-end, j'ai dû comme d'habitude me rabattre sur les boissons locales pour ne pas mourir de soif... 

 Par Rammstein 



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