17/12/2012

Crise en Argentine - Ferfal


Traduction de Rammstein

" Une figure du survivalisme devenue emblématique a raconté son quotidien sur un forum anglo-saxon. 
Cette personne se fait connaître sous le pseudonyme de FerFAL.
FerFAL est argentin. 
Son pays a été durement touché par une sérieuse crise financière en décembre 2001. Depuis, la population a sombré dans la pauvreté, la débrouille et la violence.


Le récit de FerFAL, très fourni et est encore en cours de traduction. En attendant, je vous livre son "profil" tel qu'il a été publié sur www.survivalblog.com, site sur lequel FerFAL intervient en tant que correspondant étranger.

Un détail encore : FerFAL vit dans un monde violent et se passionne pour les armes. Afin de ne pas contrevenir à la charte d'Olduvai, la traduction des passages relatifs aux armes sera transmise aux membres m'en faisant la demande par MP uniquement. "



 

Profil : Monsieur et Madame FerFAL, Buenos Aires, Argentina
Age : 28
Statut : épouse de 30 ans, fils de 4 ans.

Je vis actuellement dans la banlieue sud de Buenos Aires, dans une maison en dur composée de 2 étages et protégée par un mur d'enceinte renforcé.
Les maison partagent des murs mitoyens à droite et à gauche, tout autour du bloc, enfermant complètement les arrières-cours, qui sont séparées par des murs ou des clôtures couvertes de libustrina. Vous perdez ainsi de l'intimité (bruits...) mais vous garantissez assez bien la sécurité dans le jardin et l'arrière-cour pour les enfants qui y jouent, depuis que les rues ne sont plus sûres et qu'aucun adulte responsable n'y laisse jouer ses enfants.

Histoire : mes parents sont tout deux comptables et ont émigré en Espagne après la crise de 2001. Mes deux grands-parents ont émigré en Argentine après avoir échappé à la guerre civile en Espagne. Il est ironique que leurs enfants et petits enfants aient à fuir le pays qui les a un jour accueilli et retournent dans le pays qu'ils ont dû fuir, mais qui, 50 ans plus tard, est un des pays les plus puissants et prospères d'Europe.
Cette histoire est porteuse d'une lecon. Les pays se font et se défont, chacun devant admettre la possibilité de devoir quitter son pays pour des prés plus verts. En raison du métier de mon père nous avons beaucoup voyagé alors que j'étais enfant. D'abord aux USA (Boston), puis à Buenos Aires, ensuite à Cordoba (une province intérieure d'Argentine), pour finir à nouveau à Buenos Aires. Maintenant, en raison des conséquences de la crise, nous allons déménager soit en Espagne, soit aux USA, dès que mes études seront terminées.

Revenus annuels : environ 20000 USD, à prendre ou à laisser. Je gère des investissements familiaux, et un petit bureau de comptabilité lègué par mes parents après leur départ en Espagne. J'enseigne également l'architecture à l'université où j'étudie, mais même si cela fait déjà 3 ans que j'ai commencé à enseigner, je n'ai toujours pas été payé pour cela (ad honorem).

Investissements : aucun (excepté ceux détenus par l'affaire familiale, qui consiste essentiellement en real estate). Pas d'argent en banque non plus. Nous déposons seulement l'argent sur nos comptes courants pour profiter de certaines offres discount. Nous déposons l'argent juste avant de l'utiliser, bien souvent dans la même semaine. Nous ne laissons jamais d'argent dormir sur un compte. Après ce qui s'est passé, la plupart des gens, nous inclus, ne font plus confiance aux banques. Il est devenu courant pour les gens de conserver leur cash dans des coffres à la banque, mais même ceux-ci sont en train de se vider en raison de certaines affaires au cours desquelles des coffres privés ont été ouverts par des officiels gouvernementaux (contre le droit constitutionnel à la vie privée et à la propriété privée bien sûr).
Nous avons des cartes de crédits mais ne les utilisons jamais, les réservant seulement aux urgences.
Nous avons un coffre fort dans lequel nous gardons environ 2000 Pesos (600 USD) et 1000 USD juste en cas d'urgence, ou si quelqu'un se fait kidnapper et à besoin d'une rançon rapidement (kidnapping express).

Domicile actuel : c'est une maison de 2 étages en moellons, avec des murs doubles épais de 12 pouces (30cm), et des pots de fleurs au deuxième étage qui procurent une bonne belle protection pare-balle à la chambre principale. 3 chambres, 3 salles de bains, un garage pour 2 véhicules, et un jardin de belle taille pourvu d'une petite piscine. 

La maison dispose d'un réservoir d'eau de 1000 litres, du chauffage central, de l'air conditionné, de l'eau courante et d'un puits actionné par une pompe électrique pour la piscine.
Des barreaux métalliques et des grilles aux fenêtres et à la porte du jardin constituent un plus pour la sécurité de la maison. Il y a aussi une barrière métallique de 7 pieds de haut (2m) hérissée de piques de 30 cm, à l'endroit où le jardin du devant rencontre le trottoir. Entrer de force dans cette maison n'est pas facile, nul ne pouvant le faire si nous sommes à l'intérieur car cela prendrait beaucoup de temps et occasionnerait beaucoup de bruit.
Nous avons le câble, le gaz, l'électricité, et payons une compagnie de sécurité privée (des kiosques avec des gardes à chaque coin). Même en songeant que nous avons tous les services que vous connaissez tous, ils osnt un peu différents de ce dont vous avez l'expérience dans les pays développés.
L'eau courante est contaminée, de telle sorte qu'à la base nous payons pour avoir de l'eau contaminée. Nous possédons un filtre à eau et buvons exclusivement de l'eau filtrée. Nous avons acheté un filtre à 200 USD, avec des éléments de filtrage [au charbon actif apparemment] qui se remplacent tous les 2 ou 3 mois. Je conserve un stock de filtres [au charbon] pour 1 an, et le filtre lui-même est bon pour tenir 2 ans (charbon actif - céramique - argent).
L'électricité est coupée occasionnellement, et durant l'été nous avons "l'électricité sale" de faible voltage : les lumières deviennent faibles, et la plupart des appareils ne fonctionnent pas correctement. C'est pour cela que nous gardons en quantité des lampes torches, alimentées à la fois par des piles conventionnelles et des piles rechargeables.

Véhicules : les rues sont dans de terribles conditions, et les barrages routiers tenus par les "piqueteros" [?] sont rudes pour les voitures. Un petit 4x4 est manifestement préférable à une voiture citadine. Les voitures sont chères : d'environ 20000 USD à 50000 USD. Une Suzuki Swift d'occasion, avec 100000 km au compteur, se vend 11000 USD. Je possède une Daewoo Lanos, et bien que je souhaiterais avoir quelque chose de mieux elle est relativement rapide et petite, ce qui est parfait pour parcourir la ville et se sortir des endroits étroits. Les pièces de rechange sont chères et difficiles à obtenir.
Ma voiture est équipée du GPL, ce qui signifie qu'elle roule à la fois à l'essence et au gaz naturel compressé, contenu dans un gros réservoir jaune dans le coffre. Je peux choisir l'un ou l'autre carburant en pressant simplement un bouton, et je roule 100km pour l'équivalent de 2,50 USD de GPL. Cela me permet également en utilisant seulement le GPL, de garder le réservoir d'essence plein tout le temps pour les urgences. Le GPL est utilisé par 60% des véhicules en Argentine, plus que dans tout autre pays au monde, et les infrastructures sont suffisantes (stations GPL, mécaniciens spécialisés, pièces de rechange) pour que notre société puisse fonctionner avec.
Il est également intéressant de noter le boum du GPL après 2001, après que les gens aient constaté qu'ils ne pouvaient plus se payer de l'essence pour leurs voitures. Peut-être que d'autres pays qui souffrent de la crise économique ou de la pénurie d'essence finiront par faire de même.

Armes : sur MP uniquement.

Jardins : je n'en possède pas, juste un citronier qui produit beaucoup de fruits et un laurier pour épicer les plats de pâtes. Je pourrais avoir un petit verger sur mon lopin de terre si je le voulais.

Animaux de compagnie et domestiques : juste un Jack Russell. Bon animal, mais pas aussi bien qu'un chien de garde, bien que je dois admettre que ces derniers jours il a été plus vigilant et attentif qu'auparavant. Il a seulement un an, aussi il avait peut-être un problème de maturité. J'aimerais bien avoir un plus gros chien, mais depuis que je me prépare à partir bientôt cela pourrait devenir un problème.
Communications : câble, modem pour internet, téléphone et une paire de téléphones portables.

Stocks de nourriture : environ 5 ou 6 mois. Pour une grosse partie du riz parfumé, du riz avec des légumes déshydratés, de la viande en conserve, du thon en conserve, des légumes en conserve, des soupes, des pâtes, du lait en poudre, du lait en poudre sans lactose pour mon fils, de la fécule de pomme de terre, de la sauce tomate, du thé, du café, du miel, du sucre, du sel et 30 bouteilles de 5 litres d'eau.

Matériel médical : beaucoup de médicaments, différentes sortes d'antibiotiques, des médicaments pour mon fils, pour traiter des gastrites, du sparadrap, des bandages, des désinfectants, de l'Ibuprofen, pour n'en citer que quelques uns. Je conserve également un gros stock de savon et de produits d'entretien pour assurer l'hygiène à l'intérieur de la maison. Les pays du tiers-monde sont plein de maladies en raison de la pauvreté générale, aussi il est important de prévenir au maximum.

Hobbies : le tir, la collection d'armes, la lecture, le travail, et regarder un film de temps en temps. Avoir du bon temps avec ma femme et jouer avec mon fils.

Stocks de carburant : 30 litres dans des jerrycans en plastique, suffisemment pour aller à l'aéroport ou hors de la ville, bien que je n'envisage pas de quitter ma maison en cas de troubles à l'ordre civil. Je préfère "tenir la place" jusqu'à ce que je puisse partir.

Worst case scenario ("when the balloon goes up") : un nouveau décembre 2001 serait plutôt mauvais, signifiant anarchie, de sérieux troubles sociaux, des pillages et des bandes envahissant les propriétés privées. C'est arrivé autrefois, j'ai vu des émeutiers juste au coin de ma rue aussi c'est une source d'inquiétude. Je m'inquiète également pour mon gouvernement qui sympathise avec Chavez, Evo Morales et Fidel : ce pays finira comme des pays socialistes / communistes s'il continue dans cette direction.

Mon plan pour survivre : nous nous sommes déjà fait à l'idée de quitter le pays. A mon avis, ce pays va continuer sa chute dans les quelques prochaines années, et la censure et les mensonges affirmant que tout va mieux sont carrément effrayant. Je suis sûr que ce pays s'élèvera un jour à la tête de 'Amérique latine, mais pas maintenant. Beaucoup d'années devront s'écouler, et beaucoup de sang et de balles seront gâchés avant que ces jours n'arrivent. Je ne veux prendre part à aucun d'eux. Aussi nous devons être certains d'être en sécurité pour les deux prochaines années, jusqu'à ce que nous partions. Cela signifie être très prudent et vigilant, flirter avec la paranoia, pour nous garder tous en sûreté.

Conclusion : préparez-vous aussi bien que possible sans que cela devienne un reflexe compulsif. Je me prépare à survivre et mène une vie riche. Je ne vie pas juste pour m'inquiéter que le ciel va nous tomber sur la tête. Le ciel m'est déjà tombé sur la tête et nous sommes encore là. Les choses vont mal, très mal même si vous voulez vous tourmenter et chercher plus loin dans la corruption et la violence dans ce pays. Mais nous sommes toujours vivants et avons l'autre pour nous soutenir. Des millions de gens ont accepté cela comme étant leur réalité et décidé de continuer à vivre leur vie sans trop s'inquiéter, certains allant jusqu'à se mentir à eux-mêmes, refusant la réalité qui les submerge. Nous voulons continuer à vivre sans devoir nous inquiéter constamment, ni cheminer tel du bétail aveugle ne sachant pas ce qui l'attend devant lui. Nous acceptons simplement le fait que ce pays a changé, qu'il est maintenant trop dangereux, trop corrompu, peu sûr et trop primitif pour la qualité de vie que nous recherchons, et nous appliquons par conséquent les mesures nécessaires, à savoir que nous quittons le pays pour commencer une autre vie.

 

   
Traduction de Rammstein

Traductions d'échanges de Ferfal sur le foum - http://www.frugalsquirrels.com/

PAGE 1

Posté le 20 octobre 2005

Mon frère est venu en Argentine il y a quelques semaines. Il vit en Espagne depuis déjà quelques années. Lors de la première semaine, il est tombé malade, une sorte de forte grippe, bien que le climat ne soit pas si froid et qu’il prenne soin de lui. Sans aucun doute il est tombé malade à cause des nombreux nouveaux virus apparu dans mon pays et qu’on ne peut trouver dans les pays développés. La misère et la famine nous conduisent à une situation où, même si vous vous avez de la nourriture, un abri et une assurance maladie, la plupart des autres n’en ont pas, et c’est pourquoi vous tombez malade et diffusez l’affection dans toute la région.

Ce qui m’a poussé à commencer ce post est le fait que j’ai vu cela arriver, et ai posté sur le sujet ici sur Frugal’s, plusieurs mois avant que les nouveaux virus aient commencé à ce répandre dans le pays et que les médias n’aient commencé à parler d’urgence sanitaire, ce qui prouve que parler, penser et partager des idées avec des gens sensés (vous les gars) aide à anticiper les choses et à s’y préparer avec suffisamment de temps. Aussi ai-je commencé à réfléchir à plusieurs solutions, sur ce que j’ai appris (grâce au forum ou par la méthode dure) après toutes ces années d’existence dans un pays ruiné qui essaie de se sortir du désastre économique et de tous les problèmes qui sont venus avec. Bien que mon anglais soit limité, j’espère être capable de transmettre les idées principales et les concepts, vous donnant une meilleure image de ce à quoi vous pourriez être confrontés un jour, si l’économie s’effondre dans votre pays. Voici ce que j’ai à dire…


URBAIN OU CITADIN ?

 
Un jour on m’a demandé comment se portaient ceux qui vivent à la campagne. S’ils allaient mieux que les citadins. Comme toujours il n’y a pas de réponse toute faite. Je souhaiterais pouvoir dire campagne bon, ville mauvais, mais je ne le puis, car pour être honnête, et j’ai l’intention de l’être, certaines solutions doivent être analysées, spécialement la sécurité. Bien sûr que ceux vivant à la campagne et possédant terre et animaux étaient mieux préparés d’un point de vue alimentaire. Nul besoin d’avoir plusieurs acres couverts de cultures. Quelques arbres fruitiers, des animaux comme des poulets, des vaches et des lapins, et un petit verger sont suffisants pour être facilement avantagé par rapport à ceux des villes.

Les poulets, les oeux et les lapins fournissent les protéines, une ou é vaches le lait et le fromage, des légumes et des fruits garantissent l’apport en végétaux, et des œufs ou un lapin peuvent être troqués contre de la farine pour faire du pain et des pâtes ou du sucre et du sel.

Bien sûr il y a des exceptions, par exemple, certaines provinces du nord ayant un climat désertique et où il ne pleut pratiquement jamais. Il y est alors quasiment impossible d’y vivre de la terre, et les animaux nécessitent de la nourriture et de l’eau que vous devez acheter. Ces gens l’ont eu mauvaise : pas étonnant que les provinces du nord aient le plus souffert dans mon pays. Ceux qui vivent dans les villes ont dû s’y faire du mieux qu’ils ont pu. Depuis que les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 200-300%, les gens ont dû faire des coupes sombres dans leurs dépenses afin de pouvoir acheter de quoi manger. Certains ont mangé ce qu’ils ont pu : ils ont chassé des oiseaux ou mangé des chiens et des chats errants, d’autres ont souffert de la faim. Quand on en vient à l’alimentaire, les villes craignent en temps de crise. C’est couramment le manque de nourriture ou l’impossibilité d’en acquérir qui génère les émeutes et le pillage.

PAGE 2

Quand on en vient aux aspects sécuritaires c’est encore plus compliqué. Oubliez l’idée d’abattre celui qui vole votre jambon à plus de 100m avec votre fusil. Oubliez cette notion des commandos de fauteuil et des enfants de 12 ans qui prétendent avoir grandi avec internet.

Quelques faits :
  • Ceux qui veulent vous agresser / voler ne viennent pas avec le drapeau de pirate flottant sur la tête.
  • Ils ne commencent pas non plus à vous tirer dessus à 200m.
  • Ils ne viendront pas avec leurs grosses motos ou encore vêtus de leur tenue orange de prisonnier tout juste évadé de la prison, afin que vous puissiez les identifier plus facilement. Ils ne portent pas non plus de chaînes autour du coup ou des blousons en cuir. Si je recevais un dollar chaque fois qu’une victime de vol me dit « ils avaient l’air de gens normaux, mieux habillés que nous le sommes », honnêtement, j’aurai suffisamment d’argent pour un joli pistolet. Il y a des exceptions, mais ne vous attendez pas à ce qu’ils s’habillent comme dans les films.
  • Un homme avec une femme et 2 ou 3 enfants ne peut installer une surveillance. Je n’ai que faire que vous soyez un SEAL, un SWAT ou John Rambo, aucun 6e sens ne vous dira qu’il y a un gars pointant son arme sur vous alors que vous essayer de réparer la pompe à eau qui vient juste de casser, ou alors que vous portez un lourd sac de haricots secs achetés le matin même.
La meilleure alarme que vous puissiez avoir dans une ferme sont les chiens. Mais des chiens peuvent être tués ou empoisonnés. Un ami à moi a perdu ses 4 chiens, empoisonnés dans sa ferme une nuit. Ils sont tous morts. Après toutes ces années j’ai appris que bien qu’une personne vivant à la campagne soit plus en sécurité face aux menus larcins, cette même personne est plus exposée aux cambriolages extrêmement violents. Les criminels savent que leurs victimes sont isolées et leur sentiment d’invulnérabilité est accru. Quand ils assaillent une maison de campagne ou une ferme, ils restent en général plusieurs heures ou jours sur place à torturer les propriétaires. J’ai tout entendu : femmes et enfants violés, gens attachés sur leur lit et torturés à l’électricité, passages à tabac, brûlures au fer à souder. Les grandes villes ne sont pas plus sûres pour le survivaliste ayant décidé de rester en ville. Il devra faire face aux kidnappings express, aux vols, et risquer de ce faire abattre pour le contenu de ses poches ou ses vêtements.

Alors où aller ? La jungle est dangereuse et la vie s’y fait loin de tout en ne comptant que sur soi-même. La solution est de rester éloigné des villes et d’appartenir à un groupe, soit en vivant dans une petite agglomération, ou, si vous avez des amis ou une famille pensant comme vous, dans votre propre petite communauté. Certains penseront qu’avoir des voisins à portée de tir signifie forcément perte de sa vie privée et de sa liberté, mais c’est le prix à payer si vous voulez de l’aide en cas de besoin. Quant à ceux qui pensent qu’ils n’auront jamais besoin d’aide de qui que ce soit parce qu’ils ont toujours leur fusil à portée de main ainsi qu’un kit de premiers secours et qu’ils surveillent l’horizon toutes les 5 minutes avec leurs jumelles, qu’ils grandissent…

SERVICES

 
Quel que soit le scénario auquel vous êtes confrontés, les services publics sont plus que susceptibles de souffrir en qualité ou de disparaître. Sachez anticiper : analysez les possibles scénarios SHTF et leur impact sur les services. Réfléchissez aux scénarios les plus probables, mais aussi aux plus invraisemblables. Quel est le plus probable ? Une tornade ? Mais une attaque terroriste n’est pas aussi fou que vous ne le pensiez il y a quelques années, n’est ce pas ?

Analysez également les conséquences de ces services en train de péricliter. S’il n’y a plus d’énergie alors vous devez faire quelque chose de toute cette viande que vous avez dans le congélateur : vous pouvez la sécher ou en faire des conserves. Pensez aux ustensiles dont vous aurez besoin pour ces tâches avant que vous n’en ayez effectivement besoin. Vous avez un guide complet sur la préparation de la viande sur votre ordinateur… comment le consulterez-vous s’il n’y a plus d’énergie ? Imprimer tout ce que vous considérez comme important.

PAGE 3

EAU
 
Nul ne peut vivre bien longtemps sans eau. Le survivaliste urbain pourrait trouver que l’eau est de piètre qualité, auquel cas il peut faire bon usage d’eau filtre à eau, ou alors il n’y a plus d’eau disponible du tout. Si cela arrive, une grosse cité peuplée de millions d’habitants arrive à court de bouteilles d’eau en quelques minutes. Dans mon cas, l’eau du robinet n’est pas de bonne qualité. Je peux y voir de petites particules ainsi que des restes de ce qui me semble être des algues mortes. Le goût n’est pas si mauvais. Pas bon, mais je sais qu’il y a des endroits dans le pays où c’est pire. Pour être honnête, une grosse part du pays n’a pas d’eau potable du tout.

Si vous pouvez construire un puits, faites-le, et mettez-le au sommet de votre liste des priorités de survivaliste. L’eau vient avant les armes, les médicaments et même la nourriture. Stocker autant d’eau que vous pouvez. Utilisez des bouteilles en plastique, remplissez des bouteilles de soda et placez-les dans un endroit frais, de préférence dans un sac poubelle de couleur sombre pour les protéger de la lumière du soleil. L’eau prendra le goût du plastique après quelques mois, mais de l’eau au goût de plastique est de loin préférable à pas d’eau du tout. Quel que soit le scénario SHTF auquel vous êtes confronté, l’eau en souffrira. Dans mon cas la crise économique crée des problèmes avec la compagnie de l’eau, qui réduit la maintenance et la qualité afin de réduire les coûts et de conserver leurs revenus en dépit des prix hauts qu’ils doivent payer pour les approvisionnements et l’équipement, qui viennent en grosse partie de l’étranger et qui, après le crash de 2001, coûtent « fois plus cher. Comme toujours, le citoyen lambda paie le prix fort pour cela. Cela irait de même en cas d’inondation ou d’attaques chimique ou biologique. L’eau nécessite des précautions particulières et elle pâtira quand TSHTF d’une façon ou d’une autre. Dans ce cas, si vous avez encore l’eau courante, un filtre de qualité est approprié, ainsi qu’une pompe si vous pouvez en avoir une. Une pompe manuelle serait idéale autant que possible. Estimez vos besoins en considérant approximativement un gallon par personne et par jour. Essayer d’avoir au minimum 3 à 4 semaines de réserve d’eau. Plus serait préférable.

ENERGIE

 
J’ai passé beaucoup trop de temps à mon goût sans énergie. L’énergie a toujours été un problème dans mon pays, bien avant la crise de 2001. Les vrais problèmes commencent quand vous passez plus que quelques heures sans lumière. Juste après le SHTF de 2001 la moitié du pays s’est retrouvée sans électricité pendant 3 jours. Buenos Aires était devenue une gigantesque tombe obscure. Des personnes ont été prisonnières d’ascenseurs, les denrées périssables ont pourri, les hôpitaux, qui n’avaient que de quoi assurer le fonctionnement de leurs générateurs pendant quelques heures sont arrivés à court de carburant et donc d’énergie. Sans énergie, les jours ont tendance à devenir beaucoup plus courts. Une fois le soleil couché il n’y a plus grand-chose que vous pouvez faire. J’ai lu à la lumière de la bougie et de la torche électrique, et après un certain temps le mal de tête apparaît. Vous pouvez travailler un peu autour de la maison, mais seulement si vous n’avez pas besoin d’outils électriques. La criminalité augmente également une fois les lumières éteintes, aussi si vous devez aller quelque part durant un blackout, portez votre lampe torche dans une main et votre arme de poing dans l’autre.

Pour résumer, vivre dans une ville sans lumière devient déprimant au bout d’un certain temps. J’ai passé une partie de mes nuits seul, écoutant la radio, mangeant des conserves et nettoyant mes armes à la lumière de ma lampe frontale LED. Ensuite je me suis marié, ai eu un fils, et ai découvert que lorsque vous avez des êtres aimés autour de vous les blackouts ne sont pas si mal. Le fait est qu’une famille remonte le moral en pareilles situations.

Une remarque sur les lampes électriques. Ayez 2 ou 3 lampes frontales à LED. Elles ne sont pas chères et valent leur pesant d’or. Une lampe torche puissante est nécessaire, quelque chose comme une grosse Maglite ou mieux encore une SurFire, surtout si vous devez contrôler la présence d’intrus sur votre propriété. Mais pour les tâches plus mondaines comme préparer la nourriture, aller aux toilettes ou bricoler autour de la maison, la lampe frontale à LED est inestimable. Essayez de laver la vaisselle alors que vous tenez une lampe torche 60 Lumens dans une main et vous saurez ce que je veux dire. Les LED ont également l’avantage de durer environ une semaine entière en continu et l’ampoule LED dure presque éternellement. Des piles rechargeables sont un must ou sinon vous finirez cassés si les lumières s’éteignent souvent. Ayez un stock conséquent de piles rechargeables de qualité et essayez de standardiser autant que vous le pouvez. J’ai 12 Samsung NM 2500Mh AA et 8 AAA 800mh pour les frontales. J’emploie des adaptateurs D cell en plastique afin d’utiliser des piles AA dans ma 3 D Cell Maglite. Ceci marche plutôt bien, mieux même que je ne le pensais. Je conserve également 2 ou 3 paquets de piles normales Duracell au cas où. Elles sont supposées expirer en 2012, aussi je peux les oublier dans un coin jusqu’à ce que j’en ai besoin. Les piles rechargeables NM ont l’inconvénient de se décharger après un certain temps, aussi ayez aussi des piles traditionnelles et vérifiez la charge des piles rechargeables régulièrement.

Après toutes ces années de problèmes énergétiques, quels sont les 2 objets que j’aimerais avoir ?
- Le plus évident, un générateur. J’ai dû porter ma nourriture périssable chez mes parents trop souvent dans le passé. Je ne peux malheureusement pas m’en offrir un pour le moment.
- Un chargeur de batteries équipé à la fois d’un panneau solaire et d’une petite dynamo. Ils ne sont pas disponibles ici. J’ai vu qu’ils sont relativement bon marché aux USA. Faites-vous un petit plaisir et offrez-vous un ou 2 de ces appareils. Même s’ils ne chargent pas aussi bien que les traditionnels, je suis convaincu qu’ils dispensent suffisamment d’électricité pour au moins charger les lampes frontales LED

PAGE 4

GAZ
 
Le gaz a également baissé en qualité : il y a peu de gaz. Essayez d’avoir un four électrique au cas où vous deviez faire sans gaz. Si les approvisionnements en électricité et en gaz sont interrompus, un de ces camping-gaz peut tout aussi bien faire l’affaire, si vous conservez un stock de bouteilles de gaz. Ceux qui fonctionnent avec du combustible liquide semblent meilleurs sur le long terme, surtout s’ils utilisent différents types de combustibles. Vous ne pouvez stocker qu’une quantité limitée de bouteilles de gaz, et une fois que vous l’avez épuisé, vous êtes démunis si entre-temps les magasins ont fermés ou liquidé leurs stocks. Quoiqu’il en soit, une ville sans gaz ni lumière pendant plus de 2 semaines est un piège mortel : fuyez avant qu’il ne soit trop tard.

UNE MENTALITÉ DIFFÉRENTE


L’autre nuit j’ai regardé la chaîne télévisée People & Art avec ma femme. Il s’agissait d’une émission où ils filment un couple pendant une période donnée et des gens votent pour celui ayant les plus mauvaises habitudes, pour celui qu’ils trouvent le plus ennuyeux. Nous étions dans notre lit, et c’est le moment auquel je m’endors d’habitude, mais le gars étant un instructeur de tir de la police j’étais intéressé et réussi à rester éveillé. A un moment donné la femme du gars dit qu’elle trouvait ennuyeux que son mari dépense 500 dollars par mois en produits de beauté pour lui. 500 dollars en crème de visage, champoing spécial et démêlant, ainsi qu’en soins de manucure ! Si vous êtes ce gars et lisez ceci, ou si vous le connaissez, désolé, mais ce type est un idiot ! 500 dollars, c’est le prix d’un petit générateur ou d’un pistolet et de quelques boîtes de munitions, dis-je à ma femme. « C’est l’équivalent de 2 mois de nourriture » dit-elle. Nous étions tout deux en train de penser à un usage pratique de cette somme, cet argent que ce gars jetait par la fenêtre. Une fois le SHTF, l’argent n’est plus pensé en tant qu’argent, mais vous commencez à le voir comme un moyen d’acquérir des biens de première nécessité. Des choses comme la nourriture, les médicaments, le gaz ou la mutuelle santé privée. Pour moi, dépenser 500 dollars en produits de beauté, et pire encore, pour un gars, est simplement inacceptable. Je vois les choses de la façon suivante : quelqu’un avec cette mentalité ne peut survivre une semaine sans carte de crédit, aucune utilité en considérant un scénario SHTF. Et ce type est un instructeur de tir ?... Probablement le genre de gars qui affirmera qu’un pistolet est uniquement utiliser pour se frayer un chemin jusqu’à son fusil… et sa crème de soin…

Une fois que vous expérimentez le manque des choses que vous considérez comme acquises, comme la nourriture, les médicaments, votre ordre des priorités change soudainement. Par exemple, on m’a retiré é dents de sagesse l’année dernière. Pour ces 2 occasions on m’a prescrit des antibiotiques et de l’Ibuprofen contre la douleur. J’ai pris les antibiotiques (bien que j’ai acheté 2 boîtes avec la même ordonnance afin d’avoir une boîte de réserve au cas où) mais n’ai pas utilisé l’Ibuprofen. Je l’ai ajouté à mon stock de médicaments. Pourquoi ? Parce que les médicaments ne sont pas toujours disponibles et je ne suis pas sûr qu’ils le seront dans le futur. Bien sûr, cela fait un mal de chien, mais la douleur seule ne va pas vous tuer, aussi j’ai serré les dents. Excellent pour se former le caractère, si vous voulez savoir.

Faire des sacrifices afin d’assurer un futur meilleur, telle est la mentalité que vous devriez avoir si vous voulez être prêts. Il y a des choses « sympa à posséder » qui doivent être sacrifiées afin d’acquérir les choses indispensables. Il y a des choses qui ne font pas partie des produits de première nécessité, mais qu’il est aussi important d’avoir d’une façon ou d’une autre. Ma femme va chez le coiffeur une ou deux fois par mois. Ce n’est pas une question de vie ou de mort, mais cela lui permet de se sentir mieux et cela stimule son moral. J’achète de temps en temps un jeu vidéo pour ma Xbox ou un film que je regarde ensuite avec ma femme pour nous relaxer. 7 ou 10 dollars par mois ne vont pas faire un gros trou dans mon budget. Les addictions comme l’alcool, les drogues ou même la cigarette devraient être évitées par le survivaliste. Elles sont mauvaises pour la santé, coûtent beaucoup d’argent qui pourrait être mieux dépensé, et crée une addiction à quelque chose qui pourrait ne plus être disponible dans le futur. Qui aura à supporter votre humeur massacrante une fois que votre marque favorite de cigarette ne sera plus importée après le TSHTF ?

- FerFAL -

FIN DE LA PARTIE I

Page 1

MARCHE NOIR / GRIS
 
Une fois le SHTF, le marché noir / gris mettra peu de temps à apparaître tout autour de vous. Dans mon pays, les marchés ont même fini par être acceptés. Au début il s’agissait d’échanger des compétences ou des produits artisanaux contre de la nourriture. Les quartiers et les villes ont formé leurs propres marchés de troc, créé leurs propres tickets, similaires à l’argent et utilisés pour commercer. Cela n’a pas duré longtemps. Ces tickets étaient faciles à fabriquer sur son propre ordinateur, il n’y avait aucun contrôle et certains en sont même revenus à la monnaie papier.

Ces marchés étaient habituellement situés dans des hangars ou des terrains vagues, et étaient gérés par des gars prudents et quelques voyous ou une compagnie de sécurité. Chacun peut y aller louer un kiosque dans ces marchés pour 50 – 100 pesos (environ 20 – 30 dollars) par jour et y vendre ses biens et services. La paix sur ces marchés est habituellement respectée… Disons simplement que les gérants n’appellent pas la police si quelqu’un se paie une fantaisie, comme voler, se battre ou profiter d’une femme. Ce n’est pas bon pour leurs affaires et quiconque essaie de déranger leurs affaires découvre combien de souffrances le corps humain peut supporter, ou reçoit un aller simple pour rencontrer Dieu. Parfois même des policiers en uniformes s’occupent de la sécurité sur ces marchés, en échange d’un petit pourboire bien sûr. Comme toujours, vous devez faire attention. Ils pourraient essayer de vous faire les poches ou même de vous attaquer une fois hors du marché. Une fois que vous avez quitté le marché, vous ne pouvez compter que sur vous-même, comme toujours.

Ces marchés ont évolué et maintenant de nombreux produits différents sont disponibles. Aujourd’hui je suis allé sur le marché local, un magasin qui est plutôt bien installé et proprement tenu. Ils avaient eu des problèmes pour revendre de la marchandise volée et des vêtements de marque contrefaits peu de jours auparavant. Que peut-on trouver sur un marché local ? Essentiellement de la nourriture et des vêtements, certains ont plus de variété que d’autres, mais le fromage, la nourriture en boîte, les épices, le miel, les œufs, les fruits, les légumes, la bière, le vin, la viande fumée sont généralement disponibles, ainsi que les produits de boulangerie et les pâtes. Ceux-ci sont moins chers que ceux des supermarchés. Le poisson frais est parfois disponible, mais pas toujours, les gens n’ont pas confiance dans les produits qui requièrent la congélation et ils les achètent plutôt au supermarché.

Les vêtements sont également populaires, et vous pouvez trouver des copies de vêtements de marque, des imitations, ou même des originaux volés et neufs. Ceci vaut aussi pour les chaussures et les baskets. Les vêtements pour enfants, les sous-vêtements, les chaussettes, les draps et les serviettes sont très populaires. Certains vendent des jouets, mais ils sont systématiquement fabriqués en Chine, pour la plupart de mauvaise qualité. Certains offrent leurs services et réparent des objets ou se louent comme hommes à tout faire. Vous seriez stupéfaits de voir les choses que ces types sont capables de réparer. TV, lecteurs CD, machines… Ils arrivent même parfois à réparer les petits circuits intégrés. Donnez à un de ces gars un tournevis et une barre chocolatée, et il réparera un sous-marin nucléaire.

Après la nourriture et les vêtements, la 3e catégorie d’objets populaires est constituée des CD et des DVD, des films, de la musique, des jeux vidéos pour Play Station 2 et Xbox, des programmes, qui sortent ici juste un jour ou 2 après leurs sortie officielle aux USA. Il semblerait qu’ils aient un gars à eux caché sous le bureau de Bill Gates. Quoiqu’il en soit, à peu près tout peut être trouvé ici / si vous le désirez, vous pouvez demander autour de vous, parler au bon gars et acheter des choses illégales comme des drogues ou des armes et des munitions au marché noir. La qualité des drogues est discutable, bien sûr, et nombre de drogués meurent après avoir consommé les mélanges vendus par ces gars. Les armes sont essentiellement des fusils mitrailleurs à haute cadence, des Colts 1911 et des Colts .45 issus de surplus, des Sistemas et de vieux revolvers Colt Detective en .38 special qui se sont frayés un chemin des armoires de la police ou de l’armée jusqu’au marché noir. Ils ne sont pas en très bonne condition, mais si vous avez de l’argent vous serez surpris de ce que vous pouvez faire avec. Tout ce qui est utilisé par l’armée et la police, y compris les fusils d’assaut et les mitrailleuses Browning en calibre .50, et même les grenades à fragmentation, est disponible au marché noir, si l’acheteur a la somme nécessaire et un peu de patience, bien entendu. Les grosses armes peuvent prendre du temps, mais les armes de poing et les grenades sont rapidement disponibles.


Page 2

DE L’OR !
 
Que quelqu’un me donne un coup sur la tête, parce que j’ai oublié de parler de l’or. Tout le monde veut acheter de l’or ! Les panneaux « J’achète de l’or. Je paie cash » sont partout, même à la télé ! Je ne peux pas croire que je sois aussi idiot ! Je n’ai pas fait le lien avec ce que j’ai lu ici (NDT : sur le forum Frugalsquirrels) parce qu’ils ne font commerce que d’or ordinaire, comme les bijoux, ou même volé ou vendu parce qu’ils avaient besoin d’argent, pas les pièces en or dont vous parliez sur le forum, les gars. Personne ne paie les choses à leur vraie valeur, aussi ATTENTION ! Repérez les personnes qui achètent des pièces d’or. Depuis qu’il est impossible de déterminer le vrai pourcentage d’or, les petites échoppes et les trafiquants paieront votre or comme de l’or ordinaire de bijouterie. Ce que je ferais si j’étais à votre place : en plus des pièces d’or, achetez un nombre conséquent de petites alliances en or et d’autres bijoux. Ils devraient être moins chers que des pièces d’or, et si le SHTF est mauvais, vous ne perdrez pas de l’argent à vendre des pièces d’or de première qualité pour le prix de l’or ordinaire. Si je pouvais revenir dans le temps, j’achèterais un petit sac plein d’alliances en or.

Il arrive parfois que des voleurs vous arrachent vos chaînes en or du cou et les vendent à des petits trafiquants que l’on trouve partout. C’est TRES courant aux gares ferroviaires, dans le métro ou aux endroits surpeuplés.

Aussi, mon conseil : si vous vous préparez à une petite crise économique, des pièces en or prennent tout leur sens. Vous conserverez la valeur de l’objet et serez capable de le revendre à son prix actuel à des revendeurs d’or ou peut-être à d’autres survivalistes qui connaissent la vraie valeur de l’objet. Dans mon cas, des pièces d’or auraient été un excellent investissement, m’épargnant la perte de mes économies lors du crash de l’économie locale. Même si la situation est mauvaise, je peux toujours me rendre à une banque en ville et me faire payer pour ce que vaut réellement une pièce d’or ; ceci vaut aussi pour l’argent pur. Mais où je vis, les trafiquants d’or paieront uniquement le prix de l’or ordinaire, quelle que soit la qualité de l’or que vous ayez. Aussi, je dirais que si le SHTF prend une mauvaise tournure, l’or de bijouterie est un meilleur achat que les pièces d’or. Pardonnez-moi de ne pas avoir parlé de cela auparavant, mais je n’avais pas réalisé jusqu’à aujourd’hui, quand j’ai rendu visite au magasin local et que j’ai vu le panneau « Nous achetons de l’or ».

FIN DE LA PARTIE II



PARTIE III

Les armes... M'envoyer une adresse mail en MP pour accéder à cette partie.

Rammstein


INTERLUDE

Page 1 sur 2

Etudier le SHTF à l’université : sombres présages.
Je l’ai oublié ! Diantre, pareil que pour l’histoire de l’or mais pire, bien pire. Je n’ai jamais été doué pour me souvenir de certaines choses, comme les numéros de téléphone et les noms des personnes que je rencontre. Je les oublie instantanément, ils ne font que traverser mon esprit sans y laisser de traces. Par contre je me souviens d’autres choses qui ne semblent pas avoir d’importance. Je me souviens de mon enfance aux USA. Je me rappelle de mon école, l’école Pierce. Je ne me souviens plus exactement où c’était, car j’ai vécu à Boston, Massachussetts et ailleurs dans le New Hampshire. Je me souviens de mon meilleur ami, Freddy, et d’une fille (pourquoi y a-t-il toujours une fille ?) : Samantha, ou Sam. Elle était rousse et grande. J’avais une photo de nous deux jouant ensemble mais je l’ai perdue. A un moment entre 3 et 26 ans j’ai perdu cette photo qui m’était si chère. Je me souviens de l’odeur d’une orange épluchée, d’un autocollant « écrasez et sentez » que mon maître de maternelle avait une fois collé dans un livre que nous avions fait. Mais j’ai oublié la majeure partie pour toujours. C’était un moment où la vie que nous avions toujours connu a cessé d’exister, et un groupe d’étudiants réunis dans la salle de classe d’un bâtiment qui semblait abandonné l’a réalisé, 60 personnes à la fois en même temps.

Il est 01:06 du matin ici. Je viens juste de prendre ma douche et ma femme et mon fils sont endormis. Alors que j’étais en train de me shampooiner, réfléchissant à ce que j’allais écrire aujourd’hui dans ce post, je me suis souvenu du moment exact où j’ai réalisé, avec plusieurs autres personnes, non seulement le SHTF (que nous connaissions tous), mais que le monde que nous connaissions n’existait plus, et que ce n’était pas un ouragan mais plutôt une période glaciaire, qui ne partirait pas si facilement.

Nous avons compris cela comme un enfant comprend la photosynthèse : parce qu’un professeur nous l’a froidement expliqué, en utilisant même des graphiques. J’ai dormi 5 heures hier, 2 heures la nuit précédente. Samedi soir je n’ai même pas dormi. Je suis déjà habitué à cela. Les échéances à l’université, les veillées jusqu’à tard dans la nuit, les dessins CAO en 3D, l’attente jusqu’à ce que les corrections soient faites… C’est un monde de compétition ici, et personne ne compatit avec ce que vous faites, ils veulent seulement que vous fassiez ce qu’ils attendent, et le standard est toujours élevé. Cela s’est produit il y a 4 ans, environ un an après la crise de décembre 2001. C’était lors d’un cours d’études sociales, et ce professeur, je ne me souviens pas si c’était un homme ou une femme, était en train de nous expliquer les différentes sortes de pyramides sociales. Seigneur ! Maintenant je me souviens mieux ! Nous avions même un livre plein de ces cruelles et satanées pyramides. La première pyramide décrivait la société de base. Une pyramide avec 2 lignes horizontales, séparant l’élite (la classe de la haute société) du milieu (la classe moyenne) et du bas de la pyramide (les pauvres, le prolétariat). Le professeur nous a expliqué que le milieu de la pyramide, la classe moyenne, agit comme un tampon entre les riches et les pauvres, prenant en charge le stress social. La deuxième pyramide avait une grosse section moyenne : c’était la pyramide représentant les pays développés, pour laquelle le bas est très mince, des flèches montrant qu’il est possible de passer de la classe la plus basse à la classe moyenne, et de la classe moyenne à l’élite. Notre professeur nous a expliqué que c’était la société démocratique capitaliste classique, et que dans les pays européens socialistes la pyramide était très similaires quoique un petit plus plate, signifiant qu’il y a une grosse classe moyenne, une petite élide et une petite classe d’en bas. Il y a peu de différences entre les 3 classes.

La troisième pyramide montrait la société communiste. Où les flèches partant du bas et de la classe moyenne essayaient d’attendre le haut mais étaient limitées par la ligne de séparation. Une petite élite et une grosse société d’en bas, séparées par une section de classe moyenne minimale de la pyramide. Ensuite nous avons tourné la page et avons vu la damnée quatrième pyramide. Celle-là avait des flèches partant de la classe moyenne et pointant vers la classe d’en bas, la classe des pauvres.

« Qu’est-ce ? » a demandé l’un de nous.

Le professeur nous a regardé : « c’est nous ».

« C’est le pays en faillite, un pays qui redevient un pays du tiers monde, comme le montre la pyramide cinq où il n’y a plus de classe moyenne à proprement parler, une énorme classe populaire pauvre, et une très petite et très riche élite. »

  
Page 2 sur 2

« Quelles sont ces flèches qui partent du milieu vers le bas de la pyramide ? » demanda quelqu’un.

Vous auriez pu entendre une mouche voler. « C’est la classe moyenne en train de s’appauvrir. »

Je ne mentirai pas : personne n’a pleuré, bien que tout le monde ait fermé son visage, se soit pris la tête dans les main en retenant sa respiration.

Personne n’a pleuré, mais nous savions tous à ce moment que tout ce que nous pensions, tout ce que nous tenions comme acquis, ne se produirait jamais.

« Vous le voyez, les revenus de la classe moyenne ne sont pas suffisants pour permettre le fonctionnement de la classe moyenne. Certains en haut de la classe moyenne tombe dans la classe moyenne, mais une large majorité de la classe moyenne devient pauvre » dit le professeur.

Je ne sais pas combien de personnes dans cette pièce ont soudainement pris conscience qu’ils étaient pauvres.

Le professeur continua « Vous voyez, nous avons une classe moyenne qui devient subitement pauvre, créant une société de gens pauvres à la base, et il n’y a plus de classe moyenne pour amortir les tensions. Les gens de la classe moyenne découvrent soudainement qu’ils sont sur-qualifiés pour les emplois qu’ils peuvent trouver, et doivent se contenter de ce qu’ils peuvent obtenir, le taux de chômage atteint des sommets, trop d’offre, trop peu de demande. Vous voyez ils se préparent, étudient pour un emploi qu’ils n’obtiendront jamais. Vous les enfants, vous étudiez l’architecture parce que vous voulez simplement le faire. Seuls 3 ou 4 pourcents parmi vous trouveront en fait un emploi en relation avec l’architecture. »

Nous étions tous assis là, nous imbibant de tout cela. Après quelques mois, tout cela s’avéra vrai. Même Le nombre d’étudiants ayant quitté l’université a augmenté de 50%. Soit ils n’avaient plus d’intérêt à étudier quelque chose qui ne ferait aucune différence sur leur futur salaire, soit ils n’avaient plus d’argent pour rester à l’université, soit ils devaient travailler et soutenir leur famille.

Quelqu’un à dit une fois sur ce forum que si cela s’était produit aux USA, la situation sociale serait devenue bien pire, car les gens d’Amérique du Sud sont plus forts. Premièrement, je lui ai dit que je n’en étais pas convaincu. Je lui ai rétorqué que tous les humains s’adaptent quand ils n’ont plus d’autre choix. Mais maintenant que je réfléchis à la question, je pense qu’il avait peut-être raison. Non pas que les sud-américains sont plus forts, mais ils sont plus habitués à l’adversité. La plupart d’entre nous sont les petits enfants de grands parents ayant échappé à la guerre civile espagnole ou aux dictateurs italiens, nos parents ont survécu à la sale guerre, et même à d’autres dictateurs, et par conséquent leurs enfants ont également un fort caractère. Les citoyens américains peuvent-ils survivre à ce que nous avons vécu ? Bien sûr qu’ils le peuvent, bien que je pense qu’il y en a beaucoup qui ne sont pas comme vous, qui ne se préparent pas, et considèrent chaque chose comme acquise. Ceux-là seront responsables de l’augmentation des troubles sociaux, ceux qui étaient trop paresseux pour prendre soin d’eux-mêmes avant le SHTF, ou qui se laissaient tranquillement vivre au fil des années, croyant que le gouvernement prendrait soin d’eux « parce qu’ils paient leur impôts ». Mais au final, ils passeront l’épreuve, les gens s’adapteront, ils le font toujours. Vous seriez surpris. Et ceux qui refusent de s’adapter à la nouvelle réalité mourront jeunes, nettoyant ainsi au passage le patrimoine génétique et assurant la continuité de l’espèce. Il en a toujours été ainsi depuis des milliers d’années.

Nota : je suis désolé d’avoir mis autant de temps à poursuivre ce post. J’ai passé les derniers jours à dessiner sur l’ordinateur. Je dois présenter dans 3 semaines une sorte de thèse, un projet universitaire, à un jury composé de 4 professeurs.

- FerFAL -


FIN DE LA PARTIE IV


Page 1 sur 8

CRIME ET INSECURITE
 
Bien que le crime ait toujours été une porte de sortie en Amérique du Sud, mon pays était plutôt l’exception. C’était dangereux, oui, mais rien de comparable avec ce qui a suivi la crise économique de 2001. Il était possible de laisser les enfants jouer sur le trottoir, ou de rentrer à la maison après une partie à quelques pâtés de maisons en étant relativement en sécurité. Tout a changé désormais. Plus aucun enfant ne joue sur le trottoir. Je devrais accentuer cela un peu. Il n’y a absolument plus aucun enfant qui ne joue sur les trottoirs du tout, quelle que soit l’heure du jour. Peut-être qu’un enfant fait du vélo sur quelques mètres de trottoir, mais toujours sous la supervision d’un adulte. Un enfant faisant du vélo seul se fera voler son vélo en un clin d’œil et sera probablement blessé lors du vol, par conséquent aucun parent responsable ne laisse un enfant seul dans la rue. Les adolescents représentent un gros problème. Vous ne pouvez pas laisser un ado de 15-16 ans enfermé dans une maison toute la journée, et même s’ils sont assez grands pour sortir tout seuls, quand le soleil se couche les choses deviennent pires.

C’est ainsi que les parents s’organisent eux-mêmes : soit en conduisant eux-mêmes les enfants à la maison de quelqu’un, soit en les conduisant à un club et en les récupérant à une heure donnée. Des taxis et des points de chute sont parfois utilisés, mais il y a eu de nombreux cas de filles violées, aussi aucun parent digne de ce nom ne laisse désormais son fils ou sa fille dans les mains d’un étranger. Après des années à vivre ainsi, chacun a appris à être prudent, parfois par la méthode dure. Pratiquement personne ne laisse une porte ou une fenêtre ouverte ou non verrouillée. Plus personne également ne reste devant sa maison à discuter avec des amis. Un mauvais garçon pourrait vous voir là, assis comme un canard, vous braquer avec une arme et vous forcer à l’introduire dans votre domicile.
Il n’y a plus de "loi du milieu" du tout. Chacun avait l’habitude d’entendre les gens dire : « Vous ne devriez pas résister à un vol, donnez leur ce qu’ils veulent et ils partiront ». Cette assertion n’est plus vraie du tout. Ces types sont sous l’influence de la drogue, l’époxy ou la colle, ou vous détestent simplement de tout leur être, car vous avez une meilleure vie que celle qu’ils ont jamais rêvée, ou parce qu’ils ont été abusés depuis leur naissance et qu’ils vous blesseront et humilieront autant qu’ils le pourront. Laisser pénétrer quelqu’un dans son domicile garantit à coup sûr que cette personne violera / battra / torturera et abusera quiconque s’y trouvant. J’ai personnellement tracé une ligne il y a quelques années et ai décidé, après une longue et sérieuse conversation avec ma femme, que personne ne sera admis à l’intérieur de la maison, quel que soit le motif. Nous pensons qu’il y a des choses pires que la mort. Ayant décidé cela, je m’assure avoir toujours une arme sur moi. Ils auront à payer cher pour ma vie, plus des intérêts.
Le moment le plus dangereux de la journée est, de loin, quand je (ou ma femme) quitte / rentre dans la maison. On ne pénètre pas aussi facilement dans une maison solide et sécurisée, aussi les criminels attendent-ils que vous soyez devant votre porte avec les clefs à la main pour vous sauter dessus. C’est pourquoi nous sommes particulièrement en alerte lorsque nous approchons de la maison et regardons tout autour de nous, et si nous remarquons quelque chose d’étrange nous continuons de marcher autour du pâté de maison ou de conduire. Aucune porte n’est ouverte tant qu’il y a une personne étrangère à proximité. Quiconque frappe à notre porte (que nous ne connaissons pas) se voit répondre de la fenêtre du deuxième étage. Les criminels se griment parfois en agents de la compagnie d’électricité ou en quelque chose d’équivalent, prétendant devoir réparer quelque chose. Non ! Si quelque chose doit être réparé, cela peut être fait de la rue. Tout ce qui est à l’intérieur de votre propriété est sous votre responsabilité et la compagnie d’électricité ne le réparera pas pour vous. Quoiqu’il en soit, il est toujours mieux de jouer la sécurité. Mieux vaut être impoli que mort !
Concernant le problème de la voiture, un post complet sur la conduite SHTF est nécessaire. Pour le moment je dirai seulement que les fenêtres et les portes doivent être fermées à tout moment, une arme doit être à portée de main, et les panneaux STOP et les feux ont une toute autre signification une fois TSHTF. Si votre pays sombre comme le mien, vous vous souviendrez de moi lorsque vous verrez un feu de signalisation. Vous ne vous arrêtez au feu rouge ou au STOP, à moins qu’il n’y ait du trafic, surtout la nuit.
Premièrement, la police pourrait vous adresser une contravention pour ne pas vous être arrêté au feu rouge, s’ils vous ont vu (une autre façon de dire qu’ils demanderont un pot-de-vin s’ils vous voient passer au rouge), mais après quelques mois ils réaliseront qu’il n’y a rien à faire, que les gens préfèrent risquer une contravention que leur vie, et ils décideront de mettre les feux à l’orange clignotant la nuit, après 20 ou 21 heures. Ceci est, bien sûr, très dangereux. Les accidents nocturnes sont à la fois fréquents et violents dès lors que deux voitures roulant à contre-sens à pleine vitesse se percutent.

Page 2 sur 8

MissinLink pose de bonnes questions, et comme nous en sommes à parler sécurité, les voilà.
Citation :
« Les cambrioleurs dans les campagnes conduisent-ils des voitures / des camions ? Se cachent-ils et se camouflent-ils ? Comment ces cambrioleurs attaquent-ils une maison à la campagne ? »
 

Parfois ils roulent jusqu’à l’endroit où vous travaillez, si vous travaillez éloigné de votre maison, mais la plupart du temps ils se camouflent pour venir à vous. Les criminels ne sont pas stupides, et ils passeront des jours à inspecter les lieux et spécialement votre routine. Par exemple, s’ils voient que vous fermez le portail la nuit, comme la plupart le font, ils vous attendront cachés derrière un arbre jusqu’à ce que vous soyez à portée. Cela arrive très souvent. Les chiens sont la meilleure alarme que vous puissiez trouver, et les criminels le savent. Ils les empoisonneront lorsque vous allez vous coucher et attaqueront les lieux au beau milieu de la nuit. J’en connais beaucoup qui ont eu leurs chiens tués. S’ils pensent que la sécurité est serrée, ils se cacheront simplement à proximité du portail principal, et attendront votre départ ou votre retour. Quand vous vous arrêterez au portail pour sortir du véhicule afin de fermer / ouvrir le portail, ils attaqueront. Je dirais que le genre d’attaque le plus fréquent est par surprise, alors que vous entrez / sortez de votre domicile.
Citation :
« Quelles sont les périodes les plus propices aux attaques ? Jour ? Nuit ? Soir ? Matin ? J’ai compris qu’elles se produisent lors des entrées / sorties de domicile, etc. »
7 heures et 9 heures du matin, 13 heures et 19 heures sont les heures les plus courantes pour les attaques. Aucune heure de la journée n’est sûre. La nuit est particulièrement dangereuse. Les attaques diurnes sont peut-être plus rapides, ils veulent prendre l’argent ou les bijoux et partir rapidement, alors que la nuit ils sont plus enclins à rester à l’intérieur plus longtemps, peut-être jusqu’au jour suivant. Mais il n’y a pas de scénario prédéfini. SI je pouvais donner un conseil sur la sécurité en période de TSHTF, ce serait : ouvrez grand vos yeux et vos oreilles quand vous entrez / sortez de votre domicile. Si possible, ayez un pistolet à portée de main à ce moment. Si quelque chose semble suspect, ou vous en donne ne serait-ce que l’impression, alors faites le tour du pâté de maison et contrôlez à nouveau, attentivement. Si vous voyez encore des intrus, appelez la police (si elle est encore disponible) ou cherchez de l’aide. Si vous approchez de la maison en nombre, ils quitteront les lieux. Une fois, j’ai vu deux types bizarres à ma porte. J’ai fait le tour du pâté de maison et les ai revus encore là. J’ai commencé à allumer mes phares de voiture et à klaxonner, et ils sont partis. J’avais un pistolet avec moi toutefois, aussi faites bien attention lorsque vous tentez cela. En outre, n’oubliez pas qu’une voiture est une puissante et lourde machinerie. Je connais un gars qui possède un de ces camionnettes équipées d’un pare buffle en tube chromé, destiné spécialement à ceux qui seraient assez stupides pour essayer de l’arrêter en se mettant en travers de son chemin.
Si j’avais une camionnette, je ferais également de même. Quoique je resterais coi sur le sujet, comme d’habitude. Disons seulement que cela fait cool. De temps en temps certains tentent de me forcer à m’arrêter en se mettant devant mon véhicule (je suppose qu’il y a encore des imbéciles qui se font détrousser de cette façon), au milieu de la rue. Je les prends pour cible et accélère à pleine vitesse. Ils s’écartent toujours avant que je ne les atteigne. En fait, au début, faire cela me rendait nerveux, mais pourriez vous croire que maintenant c’est devenu une façon normale de conduire, comme passer une vitesse ? C’est un peu triste à mon avis.

 
- FerFAL -

  
Addendums :

Packinup a écrit :
 « Très bonnes observations et merci ! Oh, et qu’avez-vous observé à propos du troc ? Cela fait-il de vous une cible de montrer que vous possédez des extras ? Je pense qu’il serait plus sage de fermer sa bouche, de suivre son chemin et de s’occuper de ses affaires. » 
Packinup, je viens de commencer à écrire sur le développement du marché gris / noir mais n’ai pas encore fini, car je dois encore travailler un petit peu dessus. J’inclurai cela dans la seconde partie. Je parle de marché gris car, même si certains articles sont volés ou des contrefaçons illégales de marques célèbres, ces marchés sont devenus si populaires qu’ils sont gardés par des gardes privés et parfois même par la police. Des policiers qui s’occupent de marchés ayant affaire à des produits volés ou des copies illégales… qui l’eu cru ? A propos de votre seconde question : OUI !!! Vous devez être très très prudent. Gardez tout sur vous. Par exemple, je m’habille avec des vêtements de marque inconnue, même si j’ai des vêtements de marque de qualité, seulement parce qu’un petit crocodile, un logo de Calvin Klein ou de New Man sur votre tee-shirt peut vous transformer en victime. Le simple fait de parler d’argent dans la rue avec un ami est dangereux : la rue a des oreilles. Vous ne devez jamais parler ouvertement d’un membre de la famille vivant à l’étranger, surtout depuis que les kidnappeurs cherchent de bonnes victimes à échanger contre des dollars ou des euros.
- FerFAL -

Page 3 sur 8

ProGlock a écrit :
 « Je suis troublé par la situation énergétique en Argentine. Vous mentionnez que vous n’avez pas d’électricité pour l’éclairage, mais vous avez également écrit regarder la TV… la chaîne People & Art ? Que ce passe-t-il chez vous ? »
 
ProGlock, l’électricité va et vient, c’est ce que je veux dire quand j’affirme que les services sont craignos. Certaines parties du réseau électrique le sont plus que d’autres. L’appartement dans lequel je vivais était un vrai désastre : je passais 2 ou 3 heures un jour sur deux ou trois sans lumière. Maintenant j’habite dans la maison de mes parents (partis en Espagne) et c’est parfait car la maison est connectées à 3 branches de réseaux différents : même si l’un ne fonctionne plus, les autres devraient continuer à fonctionner. J’ai parfois de la lumière alors que mes voisins n’en ont pas pendant des heures. Ne soyez pas troublé à propos de l’histoire de la TV câblée : presque tout le monde a le câble (seulement dans les zones urbaines bien sûr). Les gens pauvres se connectent simplement de façon illégale (pas moi, je paie pour le câble) mais je parle de cabanes en bois sans eau courante ni gaz, qui ont une antenne satellite ou qui se connectent illégalement. Je devrais prendre cela en photo afin que vous compreniez mieux, promis j’essaierai d’en avoir une la semaine prochaine. De fait, le dernier employé du câble ayant essayé de couper les connections illégales est reparti sans ses doigts… Il en est de même pour la lumière : ils se connectent eux-mêmes illégalement, les compagnies s’étant résolues qu’il est préférable de perdre du bénéfice que des mains et des doigts d’employés…
- FerFAL -

 
Packinup a demandé :

 « Je déteste poser la question, mais le vieil adage est "Le cash est roi" dans ce genre de situation. Ceci est-il vrai, et l’or ou l’argent ont-ils joué un rôle quelconque dans les dépenses journalières ? J’imagine que l’or ou l’argent pourraient marcher pour se payer les services d’un docteur ? Ou bien les devises comme le dollar ou l’euro sont-elles préférables ? Je me tiens à carreau et attends la partie 2. »
 
Packinup,
Absolument, le cash est le roi. Et les dollars US et les Euros sont les rois des rois. Evitez seulement de trop les exhiber en public, ou vous ne vivrez pas très longtemps. C’est pourquoi je vous demande à vous, les gars, de conserver quelques euros, au cas où. Notre monnaie locale a perdu sa valeur (comparé au dollar US) quand l’économie s’est crashée en 2001 (perte des é tiers de sa valeur d’origine). Les services de santé de qualité sont pour la plupart chers, et ils s’ajustent sur la valeur du jour de la monnaie, ce qui veut dire que les prix restent indexés sur le dollar. Vous pouvez les payer avec des dollars US. L’or et l’argent ont bien entendu conservé leur valeur ; mais ils ne sont pas utilisés pour acheter des biens et des services. En plus, exposer une pièce d’or sur un marché équivaut à un suicide.
- FerFAL -

 
Question, postée par Wartrace :
Comme FerFAL le remarque : « Oubliez l’idée de flinguer à 300 yard (270m) avec votre MBR (fusil de précision) ceux qui vous font du tort. Laissez cette notion aux commandos en fauteuil et aux enfants de 12 ans éduqués par Internet. »

 « Peut-être que d’après votre expérience la pensée d’un tir à 300 yards est pour le commando en fauteuil. Pour moi c’est plus malin que de les laisser s’approcher à portée de leurs armes. Dans mon cas j’ai 200 yards (180m) de la route à ma maison. J’ai 6 chiens de garde. Si j’ai suffisamment de chance pour détecter l’intrus à 200-300 yards, pourquoi ne devrais-je pas avoir l’arme que je peux utiliser dans cette situation ? »
« Ah ! Vous l’avez dit vous-même : « si j’ai suffisamment de chance… » Vous n’en aurez pas. Ne vous préparez pas à un stupide tir au pigeon à 200 yard de distance, préparez-vous pour le porte-flingue sournois qui attend jusqu’à ce que vous soyez distrait, fait ingurgiter de jolies pilules à vos chiens, et vous tombe dessus au moment où vous vous y attendez le moins. CECI est plus vraisemblable que quelqu’un vous attaquant à 200 yard de distance.
Je ne considère pas cela comme une insulte à quiconque. Je suis parfaitement conscient qu’il y a des cas où des gens tuent des ennemis à 1000 yard de distance. Cela s’appelle la guerre. Tuer quelqu’un avant que vous ne soyez à sa portée est parfaitement logique. S’il vous plaît citez moi un cas de self-defense où une personne à tiré sur le méchant éloigné de 100 yard. Un type a essayé de me voler ma voiture alors que je rendais visite à un ami à sa ferme. J’ai vu le type à proximité de mon véhicule à environ 300 mètres de moi. J’avais mon FAL Para avec moi, vu que nous avions prévu de faire un peu de tir ce matin là. J’aurais pu descendre ce type avec une distance de sécurité, n’est-ce pas ? Mais vous ne pouvez pas faire cela dans la vraie vie. Les gens qui tirent sur d’autres gens à 300 mètre de distance en plaidant la self-defense sont appelés des psychos. J’ai dû remballer mon fusil et le cacher sous mon manteau, marcher jusqu’à ma voiture, et demander au type ce qu’il voulait. Quand il a dit qu’il était là pour prendre le véhicule j’ai braqué mon arme sur lui, et comme cela se produit souvent dans la vraie vie, le type s’est presque pissé dessus et est parti en grommelant une stupide histoire que j’ai oubliée.
Si quelqu’un commence à vous tirer dessus à 300 yards, et que vous ripostez pour vous défendre, c’est OK, mais c’est rare, si même cela arrive. N’importe quel mauvais garçon ayant survécu à la puberté sera suffisamment malin pour s’approcher de vous, très près, peut-être pendant que vous êtes distrait par une quelconque tâche, et pointera une arme sur vous, vous demandant de rester calme et de vous diriger vers la maison. Il n’y a aucune chance pour que vous déterminiez les intentions d’un individu à 200 yards de distance, à moins qu’il ne commence à vous tirer dessus comme un imbécile. Et s’il veut vous voir mort, il s’approchera le plus possible de vous afin d’être certain qu’un coup de feu unique sera la dernière chose que vous entendrez sur cette planète.
Comme je l’ai dit, les chiens sont la meilleure alarme à la campagne, bien que ceux-ci puissent également être éliminés, comme cela est arrivé à mon ami. Une honte en fait, car c’était de bons chiens. Mais si votre conception de la self-defense consiste à abattre quiconque se présente à 200 mètres de portée, faites comme bon vous semble. Vous n’aurez pas à vous préoccuper de survie : un pénitencier d’état subviendra à tous vos besoins. C’est une chose que d’aller à la guerre, et c’en est une autre, complètement différente, de vivre sa vie dans une situation SHTF. Quand vous êtes déployé dans une zone de guerre, vous vous préparez mentalement à faire votre job, et quand le travail est fait, vous retournez à la maison, et mentalement vous sortez du mode combat. Vous ne pouvez pas vivre votre vie entière comme si vous étiez au combat, c’est impossible. Je suis autant que possible en alerte, toute la journée, et toute la nuit. Grâce à cela je garde ma famille et moi-même saufs, alors que tous les autres que je connais ont été au moins une fois impliqués dans un ou plusieurs crimes violents. Je suis tellement remonté que le moindre petit bruit me fait bondir hors du lit la nuit, un pistolet prêt à l’emploi à la main, bien avant d’être conscient de ce que je fais. Ma maison est la seule du bloc à ne pas avoir été cambriolée, ma femme et mon fils sont en sécurité, plus en sécurité que ces stupides moutons qui maudissent Dieu pour tout ce qui leur arrive, et ne font rien par eux-mêmes pour s’en prémunir. Mais tout de même, il faut continuer à vivre sa vie, aller au travail, faire les courses au supermarché… C’est la vie ! Faire les tâches quotidiennes. Le stress suscité par ce mode de vie vous achèvera. J’ai 26 ans et ai déjà des problèmes de santé liés à un stress important, comme de la tension, des migraines, des insomnies, etc.
- FerFAL -

Page 4 sur 8

Hé les gars, il n’y a pas de quoi, merci beaucoup pour les mots gentils. Je suis relativement novice sur le sujet, comparé à d’autres sur ce forum qui ont passé une vie entière à se préparer au pire. Ceux-là sont ceux disposant des meilleures informations et des meilleures connaissances. Je fais seulement ce que je peux pour garder ma famille et moi-même sains et saufs. Parfois j’y parviens du premier coup, parfois je dois apprendre par l’erreur.
Storm57, je vis à Buenos Aires, dans la banlieue sud, où les maisons sont placées les unes à côté des autres et partagent un mur mitoyen à droite et à gauche, tout autour du bloc. La plupart des maisons dans le voisinage disposent d’un jardin et d’une piscine. Les jardins sont également séparés par des murs, contrairement au style américain où vous pouvez simplement passer d’un jardin à l’autre. Gardez à l’esprit que cela a toujours été un pays du tiers-monde, ce qui signifie que bien que notre réalité économique ait été complètement différente avant la crise de 2001, la sécurité en Amérique Latine a toujours été un problème.
« Vous avez dit que votre maison a été la seule du bloc à ne pas être cambriolée : à quoi attribuez-vous cela ? Y a-t-il toujours quelqu’un à la maison ? »
Ma maison est particulièrement sûre car elle dispose d’une palissade pieds (environ 2 mètres) munie de piques longues de 30 centimètres là où la propriété rencontre le trottoir. Il y a également un petit jardin entre la maison et la palissade. Ma maison est un bâtiment de 2 étages avec des fenêtres grillagées. Quiconque souhaite cambrioler la maison doit sauter au-dessus de la palissade (dangereux : un enfant ayant oublié ses clefs a essayé de sauter au-dessus d’une telle palissade dans mon voisinage, et a été retrouvé sans vie par ses parents, empalé sur la palissade) et forcer la porte ou les fenêtres. Abattre quiconque essaierait de forcer la porte ou les fenêtres serait comme pêcher dans un tuyau. La palissade suffirait à stopper un groupe d’assaillants, le temps de les descendre. Un groupe important et bien armé serait nécessaire pour pénétrer dans ma maison si j’y suis. L’alarme est une aide non négligeable (doit toutefois être modernisée). Aussi surprenant que cela paraisse, nous avons passé beaucoup de temps hors de la maison, parfois durant 3 ou 4 semaines, mais je crois que les autres maisons sont plus faciles à cambrioler. Mon voisin le plus proche est une veuve avec enfants. Je sais que plusieurs fois ils sont parvenus à s’introduire dans sa maison et à la violer elle et ses filles. Il y a une autre famille dans mon bloc qui dispose d’un garde privé (peu efficace contre des criminels déterminés selon moi, vu leur manque d’entraînement et d’équipement décent). Depuis que 2 types sont parvenus à pénétrer dans leur maison et ont violé la femme un soir, je suppose qu’ils prennent plus au sérieux les questions de sécurité.
« Avez-vous été capable de former une quelconque sorte d’accord d’aide mutuelle avec vos voisins ? Dit plus simplement : vos voisins vous aideront si vous êtes dans le besoin, et vous les aiderez s’ils le sont. »
Non, ce sont des moutons et ils ont une mentalité de mouton. Au mieux, ils s’organisent pour se payer une police ou une compagnie de sécurité privée, ce que je fais également, mais ceci n’est bon que contre les voleurs du dimanche. J’ai proposé mon aide à ma voisine immédiate, celles avec les filles violées. Je lui ai dit que si quelque chose devait à nouveau se passer elle devrait m’appeler ou crier. Je dois me soucier de ma propre famille, mais je ne peux pas supporter que de telles choses se passent dans la maison d’à côté. En plus, elle est veuve, son mari est mort peu après leur mariage. Je sais que je dois rester en vie pour aider ma propre famille, mais nous mourrons tous un jour. Je suis catholique et je n’accepterai jamais des animaux en train de violer des gens dans mon voisinage sans ne rien faire contre cela. Comment pourrais-je expliquer au Seigneur que je n’ai rien fait ? Laisser une femme sans mari et ses filles entre les mains d’animaux et ne rien faire ? Je ne risquerai jamais ma vie inutilement. Je ne suis pas un héros déçu, mais je ferai une exception dans ce cas si je dois tenir ma parole et rester fidèle à ce en quoi je crois.
« Avez-vous entrepris de construire une pièce fortifiée dans votre maison pour votre famille afin de vous y réfugier en cas d’invasion de votre domicile ? Quelle est votre opinion sur le sujet ? »
J’aimerais bien avoir une "pièce sécurisée", mais je n’ai pas l’argent pour m’en payer une pour le moment. La maison est toutefois très solide, avec une structure en béton armé indépendante et des murs en brique doubles. Protection insuffisante contre des tirs soutenus de fusils, mais suffisante contre des balles de pistolets et des coups de fusils tirés au hasard. Combiné avec les grilles en acier des fenêtres, il est pratiquement impossible à quiconque de s’introduire dans le domicile si nous y sommes. Ils feraient beaucoup de bruit, et auraient besoin de beaucoup de temps pour forcer les grilles. Sans compter ce qui arriverait si je leur tirais dessus de l’intérieur. Ce que je redoute le plus, c’est quelqu’un mettant en joue ma femme ou moi quand nous entrons ou sortons de la maison.
« Si vous aviez un générateur comment feriez-vous pour vous prémunir de son vol, compte tenu de votre situation ? »
Le générateur serait en sécurité si je le conservais dans le jardin.
- FerFAL -

Page 5 sur 8

Brother Silicon a demandé :
 « FerFAL, j’ai compilé vos posts pour faire un mailing de masse à tous mes contacts. Ma question est : "Si vos posts font l’objet d’une attention élargie, votre sécurité sera-t-elle affectée ? Votre gouvernement vous traquera-t-il et vous éliminera-t-il si vous devenez un problème ? Je voudrais sensibiliser plus de gens mais ne veux pas vous mettre en péril. »
Brother Silicon, ne vous inquiétez pas pour moi. Mon gouvernement n’a aucun contrôle sur ce pays, et ne se soucie pas de ce que nous, citoyens, pensons de cela. Aussi longtemps que les politiciens pourront voler autant qu’ils veulent, ils seront tolérants envers nos croyances, c’est probablement pourquoi nous arrivons à la première place. Ce pays n’est qu’une grosse mauvaise blague ! Pouvez-vous croire que notre président actuel a un logo disant "Pour un pays sérieux". Ils reconnaissent que le pays n’est pas sérieux !
J’essaie d’être discret dans ma ville, parce que je crains que les informations sur mes armes aillent aux mauvaises personnes : les fusils automatiques à boîtiers chargeurs sont presque impossibles à se procurer ces temps-ci, même sur le marché noir, aussi je reste discret à ce propos. Mais n’hésitez pas à écrire à vos amis : j’espère qu’ils verront que rien ne va de soi. Même si aujourd’hui vous avez du mal à vous décider entre une nouvelle TV à écran plasma et de nouveaux bijoux, demain vous pourriez devoir réfléchir entre vous payer une meilleure assurance médicale privée ou des officiers de police pour assurer votre sécurité.
- FerFAL -

Post de décembre 2004 – Compte-rendu de situation sur la faillite de l’Argentine

OK, c’est parti, j’espère que cela aidera. Nous désignons souvent les gens non préparés - la masse – sous le terme de moutons. Mouton les décrit particulièrement bien. Ils font ce que les autres font, ne se battent pas pour leurs droits, acceptent presque tout et ainsi de suite. Mais que ce passe-t-il quand les moutons sont désespérés ? Eh bien, ce qui s’est passé ici.

Après des années de fermetures d’usines et de destruction de notre industrie nationale, de salaires extrêmement bas, les gens en ont eu assez. Cette économie destructive menée par Menem, notre ancien président, un des présidents les plus corrompus de l’histoire (il était impliqué dans l’attentat de l’ambassade israélienne et gérait le marché de la drogue dans le pays, juste pour cité quelques exemples) associée à la stupidité du président suivant, De La Rúa, était la formule du désastre.

Un jour le Ministre de l’Economie a déclaré que personne ne pourrait obtenir plus de 100 dollars par jour de l’ATM (NDT : Automatic Teller Machine = Distributeur de billets) ni clôturer des comptes bancaires. Vous pouviez juste retirer 100 dollars par jour à la banque. C’était tout. Alors vint la dévaluation. Avant qu’elle n’arrive, un dollar US valait un peso argentin. Soudainement le ratio est passé à un dollar US pour 2 pesos, puis 2,5 et même 4. Aujourd’hui un dollar US vaut 3 pesos. Les banques conservent l’argent du peuple, leurs dépôts en dollars US inclus. Si vous aviez 1000 dollars US à la banque de Boston par exemple, elles les ont remplacés par 1000 pesos, équivalents à 333 dollars US. Elles vont ont donc volé 666 dollars US ! Les prix ont augmenté de 200 à 300%, parfois plus. Imaginez un instant à quoi ressemblerait votre vie si demain vous vous rendez au supermarché et constatez que tout à augmenté de 200%. Comment survivriez-vous avec votre chèque de paie ?

Les moutons sont devenus désespérés. Tout d’abord parce qu’ils avaient été spoliés par les banques et ne reverraient jamais leur argent. Ensuite parce que les classes sociales bénéficiant des revenus les plus bas ont découvert que leur salaire ne suffirait jamais à s’acheter le minimum vital. Le pays a alors protesté en demandant la démission du président. Lequel a dû quitter le palais présidentiel en hélicoptère… Les banques ont été saccagées par le peuple voulant récupérer son argent durement gagné. Les supermarchés et magasins ont été pillés, ainsi que les maisons. Cela a duré environ un mois, le chaos, concentré dans les grandes villes, s’étendant à tout le pays.

Je me souviens m’être retrouvé dans un supermarché en train de négocier avec le manager, alors que les émeutiers se trouvaient dehors. Parfois, ils ne détruisaient pas l’endroit si le supermarché leur laissait les biens pacifiquement. La nourriture est devenue rare. Je veux dire par là que vous ne pouviez acheter qu’une certaine quantité de lait ou d’eau, 4 bouteilles par exemple. Et la plupart des produits d’importation ont disparu. Les produits électroniques comme les TV, les lecteurs vidéos et les réfrigérateurs ont conservé leur prix en dollars, devenant inaccessibles pour beaucoup de gens. La même chose s’est produite avec l’immobilier, les voitures et les produits de luxe. Aujourd’hui tout cela semble bien lointain. Non parce que la situation s’est améliorée, mais simplement parce que nous humains avons cette damnées capacité à nous adapter. Combien nos vies ont-elles changé ? Je ne suis même pas capable de l’expliquer… Tout a changé ! Les rues sont plus dangereuses que jamais, grâce à la pauvreté généralisée.

En raison de cela l’éducation a également souffert, les enfants devant travailler ou voler au lieu d’aller à l’école. Comment pourrais-je vous l’expliquer ? Par exemple les outils sont devenus vraiment chers, vu que la majorité est importée. N’oubliez pas que notre industrie a été vendue ou détruite. Des trucs comme les MRE (NDT : Meal Ready to Eat) ou les barres énergétiques de survie sont impossibles à se procurer. Plus personne ne les importe (j’ai payé 10 dollars pour une MRE qu’un gars avait). Les armes et les munitions sont vraiment chères et sont vendues en petites quantités. Oubliez l’idée d’acheter une caisse de munitions ! Oubliez cela ! Je sais que c’est difficile pour certains d’entre vous d’imaginer cela, mais vous ne pouvez plus acheter une caisse de quoi que ce soit. Un grand magasin pourra avoir 10 ou 15 boîtes de chacune 20 balles de 308. Les petits magasins en auront 10 ou moins. Seules les munitions courantes sont disponibles, comme les calibres .22, .38, .357, 9mm, quelques 40 S&W, 12, 308 et un peu de .223. C’est à peu près tout. Les munitions pour mon 357 SIG sont difficiles à obtenir. J’achète une boîte de munitions chaque fois que je le peux… et c’est extrêmement cher.

( PASSAGE CENSURE - NON CONFORME A LA CHARTE OLDUVAI SUR LES ARMES)
Les chaussures et les vêtements sont également chers, même en dollars US. La main d’œuvre est bon marché : vous pouvez avoir un domestique et un jardinier pour 300 dollars. Il n’y a pas d’emploi sûr. Avec 20% de chômage, ils vous paient ce qu’ils veulent et si vous ne voulez pas du travail il y a 100 personnes prêtes à le faire. Posséder un magasin est difficile. Vous devez prendre en compte les attaques à main armée (certains sont attaqués 10 fois par mois) et vous devez également payer la police pour votre protection (contre eux-mêmes). J’espère que cela aidera, au moins vous aurez une idée de ce que sera votre monde si cela arrive à votre pays, en espérant que vous n’aurez jamais à expérimenter cela… Si vous avez une question n’hésitez pas à demander. J’espère vous être utile.
- FerFAL -

Page 6 sur 8

Décembre 2004
Question, posée par Stonerebel :
« FerFAL, j’ai une question si cela ne vous dérange pas. Nous pensons tous être préparés à une situation comme cela, mais je suis sûr qu’il y a toujours quelque chose pour lequel vous n’êtes pas suffisamment préparés. Quelle est la chose vous pensez ne pas avoir été préparé, ou y a-t-il quelque chose à laquelle nous devrions être particulièrement attentifs ? »
Eh bien, une chose que j’ai apprise avec tout cela est que les gens s’adaptent, les gens s’habituent. Et finalement, les gens acceptent. J’ai eu une période difficile en voyant les gens manger directement le contenu des poubelles, c’est une chose à laquelle je ne m’habituerai jamais. Chaque nuit des familles entières, femme, époux et 2 ou 3 enfants, petits enfants de 3 ans vont fouiller les poubelles à la recherche de nourriture. A presque tous les feux de circulations mendie un enfant pieds nus, tout sale et tout maigre. C’est une des choses qui m’affecte le plus, les enfants mourant de faim. Un gars dans un autre fil de discussion m’a dit qu’il se fiche de ces « crève le cœur » et que la vie est dure. J’ai vu des cadavres, une fois j’ai même vu un type la bouche cousue par un morceau de fil de fer rouillé provenant d’un balai, et tout cela je peux le gérer, mais un enfant de 3 ans pleurant parce qu’il a faim, désolé, je ne peux pas.
Croyez-moi, c’est une chose de voir un petit enfant mourant de faim en Afrique, vous avez peut-être vu ces images un million de fois, mais maintenant imaginez que ces enfants parlent anglais, avec un accent américain, et vous voyez le mot « Hollywood » en arrière-plan. Les 2 cas sont terribles, mais celui qui ressemble à ce qui pourrait être votre fils et non un enfant d’Afrique ou de Croatie vous touche le plus. Parce que « ces choses n’arrivent pas ici ». Cela arrive aux autres, pas dans mon pays, pas dans mon coin de forêt. Désolé, je me disperse. Retour à votre question.
Vous les gars avez déjà paré à certains trucs, mais il y a certaines choses que je souhaiterais partager :
  • N’investissez pas tout votre argent dans votre pays. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier, juste au cas où l’économie irait en enfer. Investissez dans un pays européen, en Australie, peu importe. Je ne sais pas, mais pas au même endroit. J’ai fait cela, mais la plupart des gens ne l’ont pas fait et se sont retrouvés coincés.
  • Ayez du cash. Des dollars et des euros. Je sais que certains d’entre vous n’aiment pas la monnaie européenne, mais c’est le seul moyen de se prémunir de certains coups durs. Ici la monnaie nationale valait 1/3 de sa valeur d’un jour à l’autre.
  • Si vous avez de la terre, ayez des animaux. Même quelques poules et lapins peuvent faire une grosse différence et complèteront votre alimentation de base.
  • CENSURE - NON CONFORME A LA CHARTE OLDUVAI SUR LES ARMES
  • CENSURE - NON CONFORME A LA CHARTE OLDUVAI SUR LES ARMES
  • CENSURE - NON CONFORME A LA CHARTE OLDUVAI SUR LES ARMES
  • Ne faites pas confiance aux médias. Si vous regardez les informations ici, les reporters vous diront que tout est OK, que tout va bien. Mais ensuite vous discutez avec les voisins et il apparaît que Monsieur X a été abattu hier, que la gentille fille du bloc d’à côté a été kidnappée et violée, et qu’aujourd’hui le garçon du voisin a aussi été kidnappé. C’est le genre de conversation que j’ai avec mon voisinage, je ne plaisante pas.
  • Gardez en stock 6 mois – un an de nourriture si vous le pouvez et ayez un puits ou au moins une bonne provision de bouteilles d’eau ainsi que 2 purificateurs d’eau et des filtres de rechange. Le réseau d’alimentation en eau fonctionne mais n’est pas sûr. Il y a quelques temps une ville entière est tombée malade à cause d’une eau contaminée, et beaucoup de gens sont morts.
  • Veste pare-balle : je vendrais mon testicule droit pour une telle chose. Je n’aurais jamais cru qu’un jour j’aurai besoin d’une et maintenant voilà. Procurez-vous en une qui puisse se porter sous des vêtements de tous les jours.
  • Ayez votre passeport et votre argent prêts. Si vous pouvez vous le permettre, la meilleure chose à faire dans un tel pays est de s’en échapper. Peut-être avez-vous de la famille ailleurs ? Restez en contact au cas où. C’est ce que j’ai fait avec ma famille en Espagne et j’irai là-bas dès que je le pourrais.
  • OK, c’est à peu près tout pour le moment, j’espère que cela vous aura un peu aidé.
- FerFAL -

Page 7 sur 8

Décembre 2004
Question, posée par Lawyerman :

 « Qu’en est-il des services essentiels comme l’électricité et l’eau ? Ont-ils toujours été assurés avec fiabilité ou y a-t-il eu des blackouts, des coupures, etc. ? Qu’en est-il des soins médicaux ? Comment les gens soignent-ils les blessures et les maladies ? La criminalité est-elle simplement de la délinquance de rue ou est-elle hautement organisée sur le modèle des gangs, des cartels et des mafias ? Qu’en est-il de l’entraînement au tir avec des armes à feu ? Gabe Suarez, un instructeur que je connais, va se rendre en Argentine en avril. Les civils sont-ils capables de se procurer de bonnes armes d’entraînement ou y a-t-il des lois qui restreignent leur usage à la Police, etc. »
« Qu’en est-il des services essentiels comme l’électricité et l’eau ? »
L’électricité a été coupé quelques fois mais pas longtemps, une paire de lampes torches et vous êtes OK. L’eau coule encore mais vous ne pouvez pas la boire. Une grosse partie de l’approvisionnement en eau de Buenos Aires n’est pas potable. J’ai l’habitude de boire cette eau mais cette année elle était simplement trop sale. Même si nous continuons à payer notre facture d’eau et si le gouvernement affirme qu’elle est potable, cette eau ne serait pas acceptée aux USA. Ici les compagnies de l’eau peuvent faire leurs affaires à coups de pots-de-vin.
« Ont-ils toujours été assurés avec fiabilité ou y a-t-il eu des blackouts, des coupures, etc. ? »
Il y a eu des blackouts, je me souviens d’une fois le pays n’a pas eu de lumière pendant presque un jour. Buenos Aires est resté sans lumière pendant 4 jours.
« Qu’en est-il des soins médicaux ? Comment les gens soignent-ils les blessures et les maladies ? »
Si vous avez une assurance privée, c’est bon, mais si vous n’avez pas l’argent pour vous en payer une vous feriez aussi bien de vous tirer une balle dans la tête. Oubliez l’hospitalisation gratuite, vous mourrez d’une infection. Ils n’ont plus d’approvisionnements : même les seringues stériles sont difficiles à obtenir dans un hôpital publique. Aucune chance : si vous n’avez pas d’assurance privée vous avez déjà un pied dans la tombe.
« La criminalité est-elle simplement de la délinquance de rue ou est-elle hautement organisée sur le modèle des gangs, des cartels et des mafias ? »
Les 2 à la fois, la police s’occupant de la plupart du crime organisé. Les gouverneurs sont à la tête des organisations de chaque province. Les kidnappings sont la pire des choses. Environ 2 à 3 personnes sont kidnappées chaque jour dans mon voisinage. Par exemple je garde toujours 10 pesos (environ 3 dollars° sur moi pour donner à la police si je suis arrêté quand je conduis. Vous devez soudoyer le flic qui vous arrête. La dernière fois j’ai été arrêté par 2 policiers : j’ai fait la sourde oreille (et prétendu ne pas comprendre qu’ils voulaient de l’argent) et le policier est devenu très nerveux, aussi je lui ai donné de l’argent, il s’est calmé et m’a laissé partir. Les flics sont impliqués dans la plupart des activités illégales, comme le trafic de drogue, la prostitution, le vol et les enlèvements.  


( PASSAGE CENSURE - NON CONFORME A LA CHARTE OLDUVAI SUR LES ARMES )
« Qu’en est-il de l’entraînement au tir avec des armes à feu ? Gabe Suarez, un instructeur que je connais, va se rendre en Argentine en avril. »

 Vraiment ? Le type de SWAT magazine ? Super, j’aimerais tellement le rencontrer. SWAT magazine me manque : ils ne l’importent plus depuis le SHTF. Que vient-il faire ici ? Le savez-vous ? Je ne connais qu’une seule installation, privée, où les civils peuvent s’entraîner. Seigneur… Il va avoir un paquet de surprises. Ici, la criminalité a atteint des niveaux dignes de la science-fiction. Il y a eu ce gang qui avait pour habitude d’attaquer des véhicules blindés : ils disposaient d’une mitrailleuse de 12.7 (calibre .50, volée ou achetée à l’armée) montée à l’arrière d’une F-100…
« Les civils sont-ils capables de se procurer de bonnes armes d’entraînement ou y a-t-il des lois qui restreignent leur usage à la Police, etc. »
La restriction est économique. Le seul endroit que je connais est très cher.
« Nous apprécions beaucoup votre présence ici. Le site entier est dédié aux préparations, et c’est bien gentil de discuter de tout cela mais en fait aucun d’entre nous n’a vécu cela comme vous le devez, aussi votre point de vue est-il grandement apprécié. »
Heureux de pouvoir aider de n’importe quelle manière que je peux.

- FerFAL -


Page 8 sur 8

Vivre avec le stress
 
« Comment les gens font-ils pour s’accommoder du stress quotidien dû à ce mode de vie ? Vous aviez mentionné plus haut les soucis de votre mère à propos de votre vie, à vous et votre famille. Comment les gens font-ils face à une situation qui échappe à leur contrôle ? »
Oh vieux, je devine que je vais devoir l’écrire ce livre, après tout… Le stress qui vient avec l’insécurité, les troubles sociaux, le chômage et la crainte constante de perdre son emploi, si vous en avez un, est épuisant. Le stress affecte les gens de beaucoup de façons : certains deviennent dépressifs, le système immunitaire est plus vulnérable, le cœur a des problèmes… tels sont quelques problèmes qui surviennent avec le stress. Le pourcentage de personnes mourrant suite à des problèmes cardiaques a augmenté jusqu’à un tel point que c’est devenu la première cause de mortalité parmi nous. Drôle de façon de mourir après le TSHTF, n’est-ce pas ? Mourir d’une crise cardiaque causée par le stress de vivre sous une pression constante…
Comment se préparer à cela ? La psychanalyse est devenue très populaire, ainsi que les anti-dépresseurs. Beaucoup, surtout les personnes âgées, choisissent le refus. Elles essaient de se convaincre que les choses ne vont pas si mal, ou que c’est partout pareil ailleurs dans le monde. Ma grand-mère dira : « regarde, les USA ne sont pas mieux que nous, regarde tous ces ouragans ». Il ne sert à rien d’expliquer, à elle et aux gens comme elle, que ce qui se passe ici n’est pas normal, que vous ne devriez pas craindre de vous faire détrousser ou tuer chaque fois que vous sortez de votre maison.
Par exemple, si leur femme / mari / fils / fille part faire ses courses journalières et ne rentre pas à l’heure à laquelle il / elle est supposé(e) le faire, alors quoi ? Vous êtes mort d’inquiétude ! Même le peuple le plus moutonnier ne ferait rien de cela. Vous dites à votre famille où vous êtes et où vous allez être tout le temps. Si vous venez à être absent pendant plus de 2 heures les gens vont instantanément penser que vous avez des ennuis.
« Comment les gens de la vieille génération, qui pensaient avoir suffisamment économisé pour leur "âge d’or" se débrouillent-ils quand ils découvrent qu’ils ne peuvent pas se permettre de partir en retraite et que le travail devient une chose de la vie s’installant dans la durée ? »
C’est curieux, aujourd’hui des gens ont organisé une manifestation pour protester contre les attaques dont sont victimes les personnes âgées isolées. Attaquer des vieillards semble être devenu un crime populaire ces derniers temps. Aujourd’hui, ils ont arrêté une bande criminelle spécialisée dans les attaques de retraités. Le chef de bande est un sergent de police en activité. Ces bâtards battent de pauvres vieillards, les brûlent avec des cigarettes, et électrocutent des grands-pères et des grands-mères de 70, 80 ans. Les personnes âgées qui n’ont personne pour s’occuper d’elles vivent dans une misère crasse ou se retrouvent à la rue.
« Quels sont les effets du nouvel "Argentinean Way of Life" sur les enfants ? De part le monde les enfants naissent généralement enjoués, sans stress, et voient le monde les yeux grand ouverts. Qu’est-ce que cela fait aux enfants autour de vous, de vivre dans des conditions de "black-out après le couché du soleil pour éviter les criminels, et d’être constamment sommés de se taire au moindre bruit suspect ? »
Eh bien, les enfants absorbent le stress et la tension qu’il y a dans la maison. Vous essayez seulement de ne pas parler de certaines choses en face d’eux afin qu’ils ne s’en imprègnent pas. Les enfants souffrent également d’un manque d’expériences depuis qu’ils ne peuvent plus jouer dans les rues à leur gré, et ne sont plus libres. Soyez prudent.
« Comment se porte l’actuelle économie argentine comparé à celle d’autres pays d’Amérique centrale ou du Sud ? »
Eh bien, en ce moment notre économie se porte aussi mal, voire même plus mal, que celle des autres pays d’Amérique Latine. Ce qui est notable, c’est que, bien que notre économie soit au plus mal, le niveau culturel de notre classe moyenne (bien que devenue pauvre dans sa grande majorité) est relativement haut en comparaison des autres pays d’Amérique Latine. C’est parce que vous pouvez apprécier leur haut niveau culturel, bien qu’ils soient tombés de l’échelle sociale, que l’effet résiduel de ce qu’était la vie avant décembre 2001 est encore présent. La plupart ont conservé leur relativement belle maison, de bons vêtements, leur voiture qu’ils avaient achetée en 2000 (bien qu’elle vieillisse d’année en année), et l’éducation en école privée qu’ils ne peuvent plus offrir à leurs propres enfants.
Après encore quelques années la transition de la classe moyenne à la classe pauvre sera plus remarquable. La plupart ne sera pas capable de prendre soi de la maison comme elle le devrait, beaucoup devront la vendre, les voitures vieilliront et la plupart ne pourra pas en acheter de neuves de bonne qualité, et leurs enfants devront aller dans les désastreuses écoles publiques. La génération suivante, celle qui sera incapable de se payer la même éducation que ses parents ont eu, rendra le changement encore plus visible.
Cela n’arrive pas en 24 heures, mais nécessite plusieurs années. Vous voyez plus d’enfants dans les rues, plus de clochards. Vous voyez plus de prostituées dans les rues chaque année. Vous les voyez là où il n’y avait personne auparavant. Les restaurants, les bibliothèques et les théâtres ferment, remplacés par des boîtes de strip-tease, des maisons closes, des échoppes à loterie, des casinos, et toute autre installation du même type, typique des pays du tiers-monde. C’est triste.
« Avant l’effondrement, l’économie argentine se portait-elle mieux que celle des autres pays d’Amérique Centrale ou du Sud, ou était-ce pire ? »
C’était de loin le meilleur pays d’Amérique Centrale et du Sud. A vrai dire, et je ne veux offenser personne ainsi, les types qui travaillaient aux aéroports américains se seraient demandé d’où pouvaient bien venir ces touristes argentins accompagnés de piles de bagages. Des blancs riches leur auraient fait penser à des européens, mais le parlé Espagnol les aurait troublés. Dans les années 90 notre classe moyenne était plus riche que la classe moyenne américaine. Regardez seulement ce qu’était le revenu moyen en dollars des classes moyennes argentine et américaine dans les années 90. C’est pourquoi nos économistes font allusion à la décennie de "l’argent facile" quand ils font référence aux années 90. Vous devez comprendre qu’avant décembre 2001 nos salaires étaient en dollars US, et qu’un type qui gagnait 3000 pesos par mois gagnait 3000 US dollars. Mais après décembre 2001 la dévaluation a mis le peso à un taux de 3 pesos pour 1 USD. Ce qui veut dire que désormais vous gagnez 3000 pesos, mais ce sont seulement 1000 USD. Et les prix ont augmenté de 300%, rejoignant le dollar. Aussi maintenant votre salaire achète seulement un tiers de ce que vous aviez l’habitude d’acheter.
Imaginez que cela vous arrive aujourd’hui, que feriez-vous si votre patron amputait votre salaire à un tiers de ce qu’il est ? Comment survivriez-vous ? Effrayant, n’est-ce pas ? C’est pourquoi durant des mois après la crise de décembre 2001 les trains ont été hors service la plupart du temps : chaque matin (3 sur 5 les semaines chômées) quelqu’un se suicidait en se jetant sous un train.
« Si vous aviez une baguette magique et pouviez résoudre seulement un problème, lequel serait-ce ? »
Facile, j’éliminerais la corruption. La corruption est la racine de toutes les misères des pays du tiers-monde.

 
- FerFAL -

 
FIN DE LA PARTIE V


L'emploi dans une société post-SHTF 

J’aimerais dire que si vous êtes spécialisé dans une activité de négoce X ou Y, vous êtes préservé du chômage, mais ce n’est pas vrai. Une crise économique aux USA ne serait peut-être pas aussi terrible qu’elle ne l’a été ici, mais si la situation se dégrade autant, alors je suis désolé les gars, mais ce sera horrible. Une personne m’a demandé l’autre jour « vous dites que vous n’osez pas tirer sur un criminel à 200 yards (NDR : 180m), mais aussi que la police ne fait rien pour stopper les criminels, le SHTF l’a-t-il fait ? » Cela m’a mis un peu hors de moi et je suis devenu un rien sarcastique, et j’en suis désolé. Maintenant je vois que ce qui me paraît évident ne l’est pas autant si vous vivez dans un « vrai » pays, où la police mène en fait des enquêtes , et où les services et les institutions fonctionnent comme elles sont supposées le faire, la plupart du temps au moins.

La vie n’est pas juste en général. Mais quand TSHTF, c’est pire. Ce qui veut dire ? Ce qui veut dire que personne ne sera là pour vous protéger mais ils seront là à coup sûr pour vous poursuivre en justice. Ce qui veut dire que même si vous payez vos impôts et taxes, vous devrez également payer pour une assurance médicale privée, parce que la sécurité sociale à laquelle vous cotisez ne vaut pas un clou. Ce qui signifie que vous pourriez finir en prison, même innocent, et que vous ayez à y passer 2 ans jusqu’à ce
qu’un juge saoul décide que vous n’avez pas bénéficié d’un jugement équitable et vous dise « oups, finalement j’imagine que vous êtes innocent, après tout ». Et la même chose arrive avec le boulot.


Vous pouvez être une personne ayant réussi, avec un diplôme universitaire et des décennies d’expérience dans les entreprises internationales les plus renommées, et vous vous retrouverez au chômage passé 50 ans. Ceci est arrivé à mon père, un des meilleurs managers du pays, qui enseignait le management partout dans le monde, de l’Amérique du Sud au Japon, des USA à la Grande-Bretagne. Il s’est retrouvé un jour au chômage, et a déménagé en Espagne, comme des milliers d’autres, où quelqu’un lui a offert un emploi. Oui, certaines carrières et compétences ont plus de travail que d’autres. Les docteurs, soudeurs, charpentiers, comptables, managers, avocats… peuvent tous trouver un emploi, bien que les comptables, managers et avocats doivent
chercher plusieurs mois ou années durant avant qu’ils puissent trouver un emploi payant suffisamment pour survivre.


Ayez à l’esprit que le chômage atteint ici environ 20-25%, même plus si vous prenez en compte le BS
(NDR : apparemment ce sigle désigne les personnes sans aucune activité professionnelle dans les 4 semaines précédents le recensement) que le gouvernement considère comme population active. Il y a beaucoup de travailleurs qualifiés attendant à la queue leu leu, volontaire pour travailler pour des cacahouètes. Et considérez également que même selon les chiffres officiels (qui sont favorablement super exagérés) la moitié des actifs gagne moins de 500 pesos par mois (moins de 170 dollars) alors qu’une personne a besoin, au minimum, de 1000 pesos pour survivre. Et je parle de survivre chichement, oubliez l’idée de posséder une voiture, d’avoir une assurance médicale privée ou une vraie éducation : 1000 pesos sont à peine suffisants pour mettre un toit minable sur votre tête et de la nourriture de mauvaise qualité sur votre table. Si vous voulez accéder à un niveau de vie standard normal, avec voiture, accès internet, voisinage qui ne ressemble pas à l’Irak, viande à volonté et une éducation quelconque, on parle alors de 1500-2000 pesos mensuels par personne.

C’est aussi pour cela que la situation dans ce pays est celle que je décris, les chiffres n’y font rien, les gens ne gagnent pas assez pour vivre comme des gens normaux le devraient, la plupart vivant comme des animaux. Seulement 3% de la population gagne plus de 3000 pesos par mois. Le seul moyen de vivre comme vous le faites maintenant aux USA après TSHTF est de posséder sa propre société. Posséder de larges étendues de terres et produire des produits alimentaires a permis à la haute société de rester riche aussi longtemps que je puisse me souvenir, aussi cela vaut la peine d’y songer.

Les fermiers possédant de vastes terres seront à coup sûr riches après TSHTF, s’ils savent comment gérer leurs affaires. Les petits fermiers seront avalés par les plus gros au bout d’un certain temps. Le reste de la société riche dans mon pays est constitué soit de politiciens (on les appelle voleurs dans nos contrées), soit d’hommes d’affaire ayant trouvé le moyen de tirer profit de la misère des autres, comme le camarade que j’ai décrit et qui possède la société de recyclage du papier (hé, plutôt eux que moi, n’est-ce pas ? Si vous pouvez vivre avec cela, c’est une option). Ou alors ceux qui savent gérer leurs investissements, comme mon père l’a fait, investissant dans d’autres pays, achetant et vendant des propriétés, utilisant leur tête pour faire travailler leurs économies à leur place. L’astuce est de ne pas rester limité à un pays. Il aurait investi seulement en Argentine (il n’a de toute façon pas beaucoup investi dans ce damné pays, si tant est qu’il a investi un centime ici, il l’a perdu), il serait à la rue aujourd’hui, ainsi que moi-même et le reste de ma famille.

Pas d’emploi sûr les gars, juste une arme braquée sur votre nuque. Gagnez autant d’argent que possible dans votre emploi actuel, ayant une compétence, c’est toujours utile, même en tant que loisir (j’essaierais la mécanique, le soudage et la réparation de machines en général), et investissez judicieusement autant que vous le pouvez. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Ayez du liquide et de l’or, et bien sûr, préparez-vous comme nous l’apprenons ici, le genre de chose dont on parle tout le temps.

Le vrai joyau, la vraie poule aux oeufs d’or dès qu’il est question de survie serait cela : ayez un ami cher ou un membre de votre famille dans un autre pays, sur lequel vous pourriez compter en cas de TSHTF. Comme beaucoup l’ont découvert, et comme je l’ai découvert, la meilleure, et ultime, solution à un pays s’effondrant en morceaux est d’émigrer dans un autre pays. N’ayez pas peur de faire cela si nécessaire. Vous êtes peut-être un patriote souhaitant "tenir la place" jusqu’à la fin, je respecte cela. Mais quand il n’y a pas de solution, je préfère m’échapper. "Un soldat qui fuit vit pour combattre un autre jour", comme ils disent. Peut-être préféreriez-vous mourir plutôt que quitter votre pays, mais souhaitez-vous sacrifier également vos enfants ? Pouvez-vous prendre cette décision pour eux ?

Désolé, je m’égare.
Un truc sur lequel réfléchir.

- FerFAL -

FIN DE LA PARTIE VI

Thé chez Tata Mouton 

« Pourquoi veux-tu partir en Espagne ? Ici tu peux vivre beaucoup, beaucoup mieux. Ici tu peux t’offrir 3 domestiques, un jardinier, une école privée, une assurance médicale privée et des cours de tennis. Tu peux vivre dans ce que les européens considéreraient comme un manoir. »
L’argument était déjà une vieille rengaine. Ma mère, ma tante et ma grand-mère prenaient le thé dans le salon de mes parents.
Ma mère était en train de discuter une fois de plus avec ma tante. Mon père était déjà parti avant que cela ne commence. Il était allé réparer quelque chose dans la maison comme il le faisait souvent quand ma tante était là. Cela faisait des années qu’il ne supportait plus, ne serait-ce que 5 minutes, les discussions stériles de femmes à l’esprit étriqué et à la mentalité moutonnière.
« Alicia, je me fiche du nombre de domestiques ou de jardiniers que je peut m’offrir ici. Tu peux te permettre d’avoir autant de gens à ton service précisément parce qu’il y a tellement de misère que les gens travaillent pour la plupart pour se nourrir. Je préfèrerais vivre dans un pays où je peux arpenter librement les rues et ne pas avoir de domestique. Ne vois-tu pas que la réalité qui te permet d’avoir 3 domestiques et un jardinier est celle qui peut te faire tuer à chaque fois que tu sors de ta maison ?3
L’argumentation a continué encore et encore, ma grand-mère prenant le parti de ma tante. Non parce qu’elle pense que la situation de ce pays est bonne, non, mais seulement parce qu’elle refuse de voir une de ses filles quitter le pays pour un pays à l’autre bout du monde.
La plupart des émigrants hispaniques, comme mes grands parents, sont horrifiés de voir les nouvelles générations, fils et petits fils, partir pour le pays qu’ils ont un jour dû fuir, parce qu’il promet des pâturages plus verts. Ils ont échappé à la famine, à la guerre civile, et maintenant, 50 ans plus tard, ils veulent y retourner ?
Les vieilles personnes ne comprennent tout simplement pas cela. Ils ont dû tout laisser derrière eux, proches, possessions, pour offrir à leur famille une vie meilleure. Et en ce temps là vous ne pouviez pas prendre l’avion, mes grands parents ont dû passer un mois sur un bateau puant pour venir ici. Ils se souviennent tous de ce voyage, et ne se font pas à l’idée que, grâce à l’avion, ils ne sont qu’à 24 heures de leur pays d’origine.
Pour chacun d’eux, déménager en Espagne signifie que leurs enfants chéris seront à un mois de bateau puant d’eux.
Il y en a beaucoup comme ma tante dans le pays. Des gens qui, étonnamment, ne craignent pas SHTF mais en fait l’attendent avec impatience.
Cela signifie des travailleurs bon marché, des services bon marché, et de nouvelles opportunités d’exploitation. Et je ne parle pas seulement au niveau local, mais aussi au niveau des grandes entreprises internationales.
Ce que les autochtones semblent ignorer, ou simplement ils n’y font pas attention, c’est que vous devez vivre avec ceux étant dans une position pire que la vôtre. Peut-être que vous êtes incroyablement riche, oui, mais où que vous alliez vous devrez y aller avec un véhicule blindé et des gardes du corps. Vous n’aurez pas la liberté, pas la vraie liberté finalement.
Comme je l’ai dit nombre de fois auparavant, les gens vous surprendront en étant incroyablement astucieux et / ou incroyablement stupides.
La plupart de la horde vivra simplement sa vie en étant heureux que son équipe de football favorite gagne la finale, de telle sorte qu’ils puissent boire quelques bières avec leurs amis. Notez que peu a changé depuis l’ère romaine, au cours de laquelle l’empereur déclarait qu’il suffit de donner à la population du pain et des jeux pour la satisfaire et la garder sous contrôle.
Les gens comme ma tante sont ces fous qui adorent partir en vacances au Brésil, et qui pensent que le communisme cubain est la meilleure création qui soit après le pain en tranches. Ils reviendront de Cuba enchantés par l’endroit. Oh ! L’endroit, la nourriture, et tellement de gens charmants. Ils semblent oublier que si les cubains n’affichent pas une mine réjouie ils sont exécutés, et qu’ils passent du bon temps car ils sont des touristes pleins d’argent pouvant se permettre de vivre comme des rois. Pourquoi ne partent-ils pas s’installer là-bas sans un sou en poche, pour vivre comme les cubains le font ? Voyons s’ils apprécient de prostituer leurs femmes et leurs filles pour survivre, voyons s’ils apprécient de vivre comme des rats. Bien sûr que non.
Un autre aspect que je souhaite mettre en évidence, c’est qu’une situation SHTF telle qu’une crise politique ou un effondrement économique met du temps à s’installer.
Il n’y aura pas de jour SHTF déclaré. Oui, il y a des événements qui sont comme des points de repères ou des bornes de l’histoire. Mais cela prendra du temps, la société changera peu à peu, jusqu’à ce que la nouvelle réalité soit assimilée et acceptée, consciemment ou non, par la population entière. Après quelques mois, vous verrez des gens parler de l’avant et de l’après un certain événement qui aura changé leur monde. Pour vous c’est peut-être le 11 septembre, pour moi c’est la vie avant et après le 1 / 1 (signifiant la parité entre le dollar et le peso) ou la vie avant et après la crise de 2001. Les gens emploient cela dans leurs conversations quotidiennes. « Ainsi vous êtes allés à Hawaii, wow ! », « Oui, oui, mais nous sommes revenus avant le 1 / 1, maintenant c’est impossible de payer un tel voyage ». « Oui ça craint. »
Ce temps d’incertitude, jusqu’à ce que les gens acceptent que le monde qui les entoure a changé, dure longtemps, des mois ou même des années, et c’est un LENT déclin, une lente glissade. Un jour vous voyez plus de gens mendier, plus de prostituées, de maisons dégradées, de voitures ayant un air miteux parce que les gens n’ont plus d’argent pour les réparer, jusqu’à ce qu’un jour vous vous disiez « wow, c’était pas comme ça il y a 6 ou 12 mois ». Les choses ne sont pas d’emblée acceptée en une nuit : un SHTF peut bien se produire en l’espace de quelques secondes, cela prend des mois pour couler.
C’est pourquoi vous devriez conserver un mental ouvert et indépendant, et les yeux et les oreilles grands ouverts, afin de rester en avant du troupeau.

 
Sécurité financière et possibilité de se déplacer : la plus grande aptitude à la survie !
Ce qui m’amène à ma considération finale sur la survie, ma conclusion finale concernant la survie à une crise majeure.
L’argent !
Oui, la monnaie papier, l’or, l’argent (NDT : métal), mais surtout l’argent déposé sur des comptes en banque dans des pays sûrs et l’argent investi dans l’immobilier.
Nous avons vu par ici des gens de la classe moyenne devenir pauvres. Nous avons vu des gens traverser des situations terribles, et il n’est pas risqué d’affirmer que ceux qui se sont le mieux débrouillés sont ceux ayant de solides finances.
Notre société se perpétue grâce à l’argent. Pas seulement grâce à la monnaie papier, mais également grâce aux comptes en banques et à l’argent virtuel. Si le concept même de l’argent venait à s’avérer inutile, il y aurait un effondrement économique mondial, entraînant pratiquement la fin de l’humanité.
Un pays, ou plusieurs, voire même un continent, peuvent sombrer dans la misère, entraînant leurs monnaies avec eux, mais le reste du monde croîtra alors en proportion. Je crois sincèrement cela, et l’histoire montre également qu’il y a toujours des gagnants et des perdants, des conquérants et des conquis, l’équilibre, le yin et le yang demeure toujours.
Un météorite géant pourrait détruire la terre et des petits hommes verts nous réduire en esclavage, oui, mais dans le spectre infini des possibilités, ce scénario est le moins probable. Je préfèrerais me préparer pour les plus vraisemblables. Et il est plus probable que, bien que votre pays puisse sombrer dans la crise économique, souffrir de la guerre civile ou de désastres naturels, vous ayez la possibilité de vous échapper vers un endroit sûr, des pâturages plus verts.
Diable !!! C’est ce qu’ont fait des milliers d’argentins en fin de compte, ce que ma famille a fait, et ce que j’ai l’intention de faire le plus tôt possible.
Rien que la semaine dernière, mes parents m’ont dit s’être rendus chez des amis ayant récemment déménagé en Espagne. Des types peu recommandables s’étaient introduits chez eux alors qu’ils étaient présents dans la maison. Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement mais cela a dû être horrible, aussi excédés par l’insécurité ils sont partis pour l’Espagne avec leurs filles.
Je me considère moi-même comme un citoyen du monde, et n’ai aucun problème à bouger si je le dois. Je vous suggère fortement de réfléchir à cela, car cela peut être l’ultime chance de survie. Autant je crois au concept de la retraite fortifiée, autant je ne crois pas qu’il soit possible de lutter contre une nation entière affamée et rendue folle.
Si vous croyez en un TEOTWAWKI permanent ou de longue durée, prenez en considération la possibilité d’émigrer dans un autre pays, éloigné, et faites vos plans en conséquence. Cela signifie : avoir de l’argent sur des comptes en banques, des documents et les passeports prêts, et éventuellement apprendre une autre langue.
Maintenant que j’y pense, une solide situation financière et l’assurance que ses enfants ont une mentalité large et ouverte au monde sont des choses que mon père a toujours, inconsciemment ou non, privilégiées, afin d’assurer la survie de sa famille, et il a réussi là où des millions d’autres ont échoué. Si l’on considère qu’il a vécu dans une cabane au sol en terre battue quand ses parents ont quitté l’Espagne il y a 50 ans, il a certainement mieux réussi que les autres.
L’arsenal survivaliste de mon père ? Une carabine 22LR semi-automatique, un revolver 22LR et une boîte de munitions, jusqu’à ce que je le convainque d’acquérir un pistolet 1911. Depuis, nous avons fait au mieux. Épargner et investir ont été les clefs de notre survie.
Le survivaliste qui possède 5000 à 10000 dollars en armes, des années de nourriture et une source d’eau potable mais n’a pas d’argent investi quelque part n’agit pas comme il faut. Même si vous investissez tout dans votre retraite, et réussissez à devenir énergétiquement autonome sans avoir besoin de quoi que ce soit, vous vous épinglez sur un point de la carte sans espoir d’en bouger.
Regardez ce qui est arrivé à une entière génération d’Espagnols. Ils ont fuit l’Espagne pour échapper à la guerre civile. Regardez ce que nous faisons maintenant : émigrer en Espagne pour échapper à un scénario de crise économique et politique. Vous voyez le dessin là ?
Je sais que certains refusent de quitter leur pays par patriotisme, mais vous pouvez être un patriote et partir si vous le devez.
Beaucoup de soldats, parmi les meilleurs, ont dû quitter mon pays durant la « sale guerre » (guerre civile et dictature dans les années 70). Ils ont survécu pour revenir et conduire les dictateurs et les meurtriers devant la justice, tandis que ceux qui sont restés et ont combattu ont simplement été exécutés. Lequel préfèreriez-vous être ?
Épargnez, investissez, voyagez, faites-vous de nouveaux amis, rendez visite à ces lointains parents sur le Vieux Continent, ils seront contents de vous voir, voyagez et apprenez des autres cultures à être flexible et à s’adapter. C’est, de loin, le meilleur conseil que je puis vous donner lorsque le SHTF arrive.
Parfois, vous n’avez plus d’options possibles. C’est arrivé ici, c’est arrivé avant, et c’est arrivé ailleurs. Cela peut vous arriver.
Une personne n’est pas un survivaliste simplement parce qu’elle vit dans les bois, porte des vêtements camouflés à longueur de journée, a toujours une arme en bandoulière et cherche des intrus à abattre. Ce n’est pas ce que je souhaite dans la vie, et ce n’est pas ce que je considère une personne flexible et capable de s’adapter. A mon humble avis, le survivaliste se sent aussi à l’aise dans les bois que dans une cocktail party entourée de moutons. Il peut jouer sur les deux tableaux, il peut s’adapter. C’est une personne qui peut sourire à ceux qui pense différemment de lui et garder ses convictions pour lui si nécessaire. Une personne qui ne peut tolérer la présence d’individus différents de lui a une capacité d’adaptation limitée et est par conséquent limité dès qu’il est question de survie. Peut-être qu’il est doué pour vivre dans la nature, mais pas dans le monde réel d’une société en situation de survie. Il est doué pour le type de survie requis lors d’un crash d’avion dans la forêt amazonienne, ce qui est formidable, mais il ne sait comment se comporter face à la société et aux autres.
Vous devez dépasser l’idée que la retraite est l’ultime et finale réponse pour survivre à une crise. C’est incorrect. La solution terminale est de quitter le pays ou la région. Et cela requiert des compétences sociales et des économies. Ayez cela à l’esprit avant de dépenser jusqu’à vos derniers cents dans la retraite ultime. Avant que quelqu’un ne m’écrase la tête avec un parpaing : la retraite / maison de bug in est très importante, oui, c’est la solution avant-dernière, c’est l’endroit qui vous protège le temps d’une crise petite ou moyenne (qui arrive plus souvent que le gros SHTF), et c’est aussi votre maison, l’endroit où vous êtes plus que disposé à passer le reste de votre vie tant que rien ne tourne de travers. Mais quand le SHTF se produit à une grande échelle, vous devez partir, comme beaucoup parmi vous me l’ont d’ailleurs conseillé.

 
Réflexion finale : un message d’espoir
Finalement, je veux vous donner à vous tous un message d’espoir, et vous rappeler, ainsi qu’à moi-même, que la survie consiste en survivre, pas pour le simple fait de vivre, mais pour vivre des vies heureuses et riches.
Préparez-vous car c’est la chose la plus judicieuse à faire, et non parce que vous attendez le SHTF et d’autres désastres.
Ne faites pas l’erreur de penser que le SHTF sera un tout nouveau départ pour vous, que tous vos problèmes disparaîtront simplement et que vous aurez droit à un nouveau départ dans un nouveau monde meilleur.
Cela ne marche pas comme cela. Bien au contraire, tout empirera, les petits problèmes en deviendront des gros, des plus sérieux. Si vous avez des problèmes de boisson, vous boirez plus, si vous ne pouvez conserver un emploi, vous passerez des années au chômage, si vous avez une maladie, vous verrez qu’il sera plus difficile d’obtenir de l’attention et des médicaments. Une fois encore : tout deviendra PIRE.
Quelqu’un une fois m’a demandé : « Comment se fait-il que vous ne pouviez abattre un criminel à 200m de distance, mais que la police ne fasse rien pour les arrêter ? »
Le SHTF, quel que soit le type de crise que cela puisse être, n’est pas juste. Ce sera absolument injuste.
Vous aurez des gens bons et honnêtes mourant de faim, pendant que des personnes corrompues feront du profit, vous ne trouverez aucun policier pour vous protéger, mais ils sauront vous trouver quand un criminel engagera des poursuites infondées contre vous. C’est la façon dont cela fonctionne.
Aussi, quiconque attend impatiemment le TEOTWAWKI pour engager un nouveau départ devrait y réfléchir à deux fois, et remettre de l’ordre dans son existence MAINTENANT.
Les survivalistes sont souvent considérés comme de sombres adorateurs fatalistes de l’Apocalypse. Ce n’est pas comme cela, le vrai survivaliste ne doit pas être comme cela.
Les gens négatifs auront des temps difficiles pour appréhender la crise. Seule une personne positive et de bonne nature peut espérer passer à travers.
Sachez qu’il y a des dangers, et des situations que vous ne pouvez ni prévoir ni préparer aussi bien que vous le pouvez. Mais n’oubliez jamais de vivre votre vie pleinement.
Vous et moi, nous ne savons pas combien de temps nous passerons sur cette terre, aussi faisons de votre mieux à chaque instant qui passe.
Un survivaliste ne devrait pas être pessimiste, il devrait toujours être positif, heureux et aimer la vie plus que quiconque, car il comprend que chaque minute de paix que nous avons est précieuse et unique, et qu’il ne faut jamais la tenir pour acquise.
La façon dont je vois cela est la suivante : le survivaliste est une personne pleine d’entrain, en bonne santé, toujours curieuse et de bonne humeur. Il est en bonne santé car il prend soin de son corps, et son corps prend soin de lui ; il est curieux car il pense qu’il est important d’apprendre de nouvelles choses tout le temps, et il aime apprendre ; il est de bonne humeur car il est sûr de lui et traite les autres de la manière dont il veut être traité.
C’est la façon dont nous devrions nous comporter. Etre survivaliste est une question de mental à 90%. Et même si le SHTF ne se produit pas dans notre vie, cette attitude rend notre vie plus riche et satisfaisante.
Il y a des choses dans la vie que nous pouvons contrôler, et d’autre que nous ne pouvons pas. Le mode de pensée survivaliste assure que nous contrôlons celles qui peuvent l’être et que nous acceptons les autres.
Ainsi, si vous avez cette mentalité, parce que vous possédez une ferme complètement autonome ou simplement quelques fonds, des provisions, une paire d’armes et des BOB, levez le menton un peu plus haut, marchez plus droit, peu importe que vous soyez docteur ou comptable, routier ou plombier, soyez fier mon ami, parce que vous êtes une espèce en voie d’extinction.
Vous êtes, sans aucun doute, une meilleure personne.
- FerFAL -

FIN DE LA PARTIE VII
  

- Adresse du blog de Ferfal : http://ferfal.blogspot.com/

- Cet article est un extrait du fil de discussion du forum Olduvai, regroupant toutes les traductions des récits de Ferfal : http://www.le-projet-olduvai.com/t4164-ferfal

Réactions :

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire