08/06/2015

Vivre c'est survivre par Andros


Hormis en cas de catastrophe ponctuelle et gravissime (épidémie, guerre
atomique, zombies...) il y a fort à parier qu'il n'y aura pas de famine
soudaine et terrible, mais au contraire un lent et puissant mouvement
de dégradation de la situation.



Dans ce cas, les préparatifs sont (à mon humble avis) à voir comme un
coup de pouce, ou un "filet de protection" (comme pour les trapézistes
au cirque) . Mais l'essentiel de ce dont nous aurons besoin (eau ,
nourriture, énergie) continuera à venir des autres.

Il me semble opportun de souligner cela, car je crois que pour
certains, le survivalisme consisterait à s'isoler , barricadé chez soi,
et à regarder les autres crever (enfin surtout du côté des anglo-saxons
, il faut bien dire).

Rester cloîtré chez soi n'est pas très bon pour la survie, de même que
les animaux élevés dans les zoos ne se débrouillent pas très bien dans
la nature...

Au contraire, la confrontation à la réalité ne nous rend peut-être pas plus
"fort", mais au moins mieux renseigné sur la situation. Comme nous
savons pas aujourd'hui ce qui nous menace, si on reste chez soi dès le
départ on n'en apprendra pas plus, voire on risque de laisser passer
des occasions utiles, d'ignorer des évolutions graves etc.

Il est important aussi de contribuer à réduire les nuisances de la
crise autant que faire se peut. Cela semble naïf, mais de l'autre côté
c'est ainsi que l'on apprend à connaître les gens qui savent faire des
choses, ainsi que d'identifier les inutiles, les geignards, les
vantards etc.

Je pense que le monde d'après la Bise aura beaucoup à voir avec le
Tiers-Monde. Ne pas vivre la dégradation de la situation avec les gens,
et rester cloîtré chez soi, ça serait un peu comme prendre un avion
aujourd'hui vers Kinshasa.

De plus, très important : tout ce qui se créera sera dehors. Les
solutions que les gens auront trouvées, les combines à connaître, les
nouvelles sources d'approvisionnement etc. Mais également tout ce qui
est création artistique, les chansons ironiques, les nouvelles
manières de parler etc.

***

Personnellement je me suis débarrassé d'un grand nombre de signes
extérieurs de richesse (ou je les ai usés jusqu'à la corde) - bon certes
j'en avais pas tellement non plus. Je m'habille chez Celio (classe
moyenne modeste), j'ai des vêtements usés, j'ai pas de voiture, pas de
téléphone portable etc. C'est autant un mode de vie décroissant qu'une
sorte de camouflage.

Ma manière de parler est très caractéristique donc je ne pourrais
jamais me faire passer pour un membre des classes populaires, mais je
suis accessible, ce qui fait qu'on me connaît un peu (bon dans une
ville de province de 10.000 habitants c'est pas dur)

Du coup, je compte rester dehors aussi longtemps que l'attrition n'aura
pas commencé, manger ce que tout le monde mange, me rendre utile etc.

C'est aussi le bon environnement pour apprendre à ne pas gaffer
(catégorie "s'il n'y a plus de pain prenez de la brioche") , comprendre
mieux les gens etc.

Je me considère comme étant, de fait, très loin de la vie des gens , de
par ma classe sociale etc., donc ceci est un défaut dont je dois me
rendre compte, et qu'il me faut corriger. Beaucoup de gens sont en fait
déjà dans la survie.

Andros

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