06/01/2013

Modifications et améliorations du couteau suisse par Rammstein




C'est un fait : notre bas-monde est scindé entre les partisans du couteau suisse (communément appelé SAK pour Swiss Army Knife) et les adeptes du Multitool


Ayant choisi le camp du Bien, je vais vous présenter quelques modifications et améliorations susceptibles d'accroître la polyvalence du célèbre couteau suisse. Tout ce qui suit est réalisable aussi bien avec un Victorinox, un Wenger voire une improbable copie asiatique.

J'ai utilisé 2 couteaux Victorinox très basiques pour mes démonstrations : un Spartan et un Camper. Le Spartan est pourvu :
- d'une grande lame,
- d'une petite lame,
- d'une alêne,
- d'un tire-bouchon,
- d'un décapsuleur & dénude-fil & gros tournevis plat,
- d'un ouvre-boîte & petit tournevis,
- d'une pince à épiler,
- d'un cure-dent.

Le Camper possède une scie à bois en plus des outils cités ci-dessus.

Mini-tournevis amélioré

La première modification facile à réaliser consiste à ajouter un mini-tournevis, disponible chez la plupart des revendeurs Victorinox. Ce tournevis s'adapte également sans difficulté sur les modèles Wenger. Vu sa taille minuscule, mieux vaut avoir une excellente dextérité pour l'utiliser. Si ce n'est pas le cas, et afin d'accroître l'effet de levier lors du vissage, il est possible de monter le mini-tournevis dans le tire-bouchon comme suit :


Aimant

Disposer d'un aimant peut s'avérer très utile pour récupérer une petite pièce métallique hors d'atteinte, ou faciliter l'intervention sur une petite vis. Il suffit de déplier la lame de son choix, ici l'ouvre-boîte, et de l'accoler à un aimant pendant "un certain temps" afin de la magnétiser.



Ciseau à bois

Le décapsuleur est pourvu d'un gros tournevis, qui peut, via quelques coups de lime, se transformer en ciseau à bois. Le tournevis reste bien évidement opérationnel, quoique moins enclin à encaisser de gros couples de vissage.



Dénude-fil & coupe-fil

L'utilité du dénude-fil d'origine et très limitée, le bidule pouvant à la rigueur uniquement servir à plier du fil de fer. Quelques coups de queue de rat améliorent grandement les choses en rendant le dénude-fil coupant. On peut à sa convenance limer les 2 côtés de la lame (utilisation ambidextre) ou un seul côté.


Plieuse

Tout aussi efficace qu'une pince dans ce cas, le trou accueillant l'anneau se révèle particulièrement pratique pour mettre en forme du fil de fer !


Règle graduée

La connaissance de quelques dimensions peut être utile. La lame du décapsuleur par exemple fait 2mm d'épaisseur. Le dos de la scie à bois est quant à lui épais de 1mm. Si votre SAK en est pourvu , celle-ci peut être utilisée comme règle. L'écart entre 2 dents consécutives fait 2,25mm, celui entre 2 dents adjacentes 4,5mm. Il suffit ensuite de maitriser ses tables de multiplication pour rendre la règle improvisée opérationnelle.

Kit de couture

2 petites aiguilles à coudre peuvent se loger entre les branches de la pince à épiler.



Le manche du cure dent, une fois désépaissi au cutter ou au scalpel, peut accueillir quelques décimètres de fil à coudre. Le cure-dent reste en outre opérationnel !





Kit de feu

Plusieurs se sont cassé la tête pour intégrer une barre de ferrocérium sur le SAK. Certains artisans proposent des solutions impliquant le démontage du canif afin de lui adjoindre la pierre à feu. Voici une solution beaucoup plus simple. Le défi principal consiste à se procurer une barre de ferrocérium suffisamment petite pour s'insérer dans le couteau mais encore utilisable malgré sa taille. J'ai acheté la mienne sur la baie. Certains briquets sont également pourvus d'une pierre pouvant convenir.

La barre s'insère dans le logement accueillant les lames, sous le décapsuleur. Elle est maintenue en place via une boulette de Patafix.



Le logement est ensuite rempli de quelques boulettes de coton hydrophile imprégné d'une matière grasse quelconque (vaseline, WD40...). On dispose ainsi d'un allume-feu éprouvé, faisant en outre office de lubrifiant. Et tant que toutes les lames ne sont pas dépliées toutes en même temps, le kit reste en place.




On continue ! Accrochez-vous, cela va devenir de plus en plus trash ! rock

Micro-loupe

Les résulats de cette bidouille sont parfois aléatoires et nécessitent un peu de patience et de dextérité. Le trou de l'anneau est utilisé. Idéalement il doit être le plus parfait possible (circulaire, sans traces d'impact...). Avec le cure-dent, on recueille une goutte d'eau, que l'on place dans le trou de l'anneau. Avec un peu d'adresse, on obtient une minuscule loupe.




Porte-embouts de vissage - Méthode 1

La gamme Victorinox comporte 2 couteaux suisses similaires par leur forme, mais de dimensions différentes : l'un fait 91mm de long, alors que l'autre n'en fait que 84. C'est ce dernier qui nous intéresse.



Le petit modèle - un Tourist - est en effet pourvu sur toutes ses variantes d'un ouvre-boîte légèrement sous dimensionné par rapport à celui équipant son grand frère. Et comme par hasard, les dimensions de l'ouvre-boîte sont parfaites pour accueillir un embout de vissage standard sans aucune modification.



Pourvu de plusieurs embouts divers, on peut ainsi sans problème visser ou dévisser une vis, quelle que soit la forme de son empreinte !



Au besoin, une rallonge est également utilisable.



Attention : il y a de fortes chances qu'un usage répété de cette méthode conduise au matage de l'ouvre-boîte, qui ne sera alors plus en mesure de maintenir correctement l'embout de vissage ! A réserver aux cas de première nécessité donc...


Porte-embouts de vissage - Méthode 2

Le modèle standard étant trop grand pour garantir le maintien d'un embout de vissage selon la méthode décrite ci-dessus, il convient d'envisager une autre solution. La modification qui suit suppose de modifier le décapsuleur qui équipe la majorité des modèles de couteaux suisses, afin de permettre l'utilisation d'un adaptateur porte-embout de vissage. Le premier défi consiste à trouver un embout pourvu d'un côté du bon profil pour accueillir le décapsuleur, et de l'autre côté d'un trou hexagonal accueillant l'embout de vissage. Cette pièce maîtresse existe dans la gamme Gerber, le kit complet valant entre 10 et 20 euros. Si quelqu'un connaît un autre fabricant, qu'il se manifeste !





Afin de rendre les pièces compatibes, il convient de limer le décapsuleur pour qu'il s'insère correctement dans l'adaptateur. Et c'est prêt !





Au besoin, on pourra utiliser une petite cale en tôle pliée afin de maintenir fermement l'embout sur le décapsuleur.
Intermède...

La mode "survival" des années 80 a vu l'arrivée sur le marché de toute une quincaillerie estampillée "survie", à l'efficacité parfois plus que douteuse. Si le concept du couteau fixe à manche creux a su profiter de la rambomania pour submerger les marchés, un concept des années 80 n'a pas réussi sa percée : le couteau pliant à manche creux ! Le fabriquant britannique BCB a en effet sorti un couteau pliant accueillant dans son manche quelques accessoires de survie. C'est à ma connaissance la seule tentative entreprise pour commercialiser ce concept, qui n'a pas eu de suite. Le couteau en question répond au doux nom de ACE-PAL-O, aussi surnommé Space Age Survival Knife (sic), et est livré avec un étui en cuir ultra fin et une notice d'utilisation. J'ai la chance d'en posséder un exemplaire, qu'on peut voir sur les photos ci-après.









Le design du bidule se rapproche plus de la brosse à dent électrique soviétique que du couteau de survie. 2 lames, dont une pourvue de dents de scie, peuvent être montées alternativement sur le manche en aluminium et maintenues en place au moyen d'une vis et d'un dispositif de blocage. Un côté du manche est pourvu d'une pierre à aiguiser, l'autre côté accueille une plaquette vissée permettant d'accéder au kit de survie. Ce dernier est sommaire et pas forcément bien adapté à un usage de survie. Il contient :
- une boussole (la mienne indique imperturbablement l'ouest),
- un thermomètre gradué en °F (absent sur mon exemplaire),
- 2 plombs de pêche,
- du fil de pêche monofilament,
- une mouche,
- un hamecon,
- une bougie microscopique,
- un peu de coton (allume-feu),
- 2 allumettes tempête raccourcies et leur grattoir.

Comme on peut le voir, les 2 lames sont très fines et n'inspirent pas vraiment confiance... La qualité de la réalisation est médiocre, l'encombrement conséquent. Quant à l'ergonomie, j'imagine la torture que ce doit être de dévisser la fameuse plaquette avec des doigts gourres pour accéder aux allumettes !













Sur le forum :
 http://le-projet-olduvai.kanak.fr/t4601-bidouille-modifications-et-ameliorations-du-couteau-suisse

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