17/01/2015

La voie des airs, une option possible ? par Zapata


La voie des airs ne semble pas un moyen de déplacement évident, à première vue, quand l'on est en situation de survie, et pourtant :


D'abord, c'est le vecteur le plus rapide pour aller d'un point à un autre, puisque en ligne droite, et cela peut faire une énorme différence, surtout en terrains montagneux, avec des routes en lacets qui double, triple, et plus encore, la longueur du trajet.

C'est aussi un moyen de franchir des zones très difficiles, ou bien impossibles, sans effort démesurés, même avec l'aide d'un véhicule terrestre. Songer aux forêts impénétrables, aux étendues désertiques, aux terrains très pentus et même verticaux...

C'est également un moyen d'éviter la confrontation avec des entités plus ou moins sympathiques (animaux dangereux, maladies liées à des parasites, etc.).

Reste à sélectionner la machine volante, et là, il y a beaucoup à dire, et à trier...

L'on peut tout de suite éliminer les gros porteurs, à hélices comme à réacteurs. D'abord, parce qu'ils nécessitent des heures de formation, et d'entraînement spécial. Ensuite, parce qu'ils sont des gouffres à carburants divers, dont l'on peut supposer qu'en situation de survie, la disponibilité sera bien amoindrie, sinon nulle.

Une fois ramenés aux moyens et aux petits appareils à hélices, il faut tout de suite écarter l'hélicoptère, bien trop fragile, très difficile à bien maintenir en état de marche, et trop consommateur de carburant.

L'idéal, c'est un modèle rustique, donc de technologie ancienne ou simple : commandes mécaniques ou hydrauliques, et pas d'électronique...



Il n'y en a plus guère en service, mais le DC-3 est un bel exemple de ce type d'appareil, très simple à entretenir, à piloter, capable d'utiliser des terrains très sommaires, etc.

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Cependant, se former à voler sur de tels appareils multimoteurs, et déjà gros, ne serait pas à la portée de n'importe qui, et imposerait la présence d'autres personnes en assistance (mécanique, etc.).



Dans la catégorie inférieure (en taille), il y a tous ces petits appareils d'aéroclubs, genre Piper Cub, et similaires.

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Aujourd'hui disparu, le Fieseler Storch aurait été encore plus adapté aux situations de survie : décollage et atterrissage en moins de cent mètres, sur des terrains à peine aménagés.

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Egalement un appareil militaire, le modèle de l'ex-URSS, est très rustique :

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Encore plus simple, il y a tous ces appareils en kits, et dont le précurseur (des années 1930) fut le "pou du ciel". En quelques mots : un modèle fabricable dans un garage ou un atelier de bricolage, et équipable d'un moteur utilisant de l'essence normale (de voiture) ou du diesel.

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Plus récents, il y a tous ces ULM actuels, que nous connaissons tous.

Les hydravions ou les modèles mixtes (eau et terrain solide) sont bien intéressants, car ils offrent des possibilités d'accès à des zones très boisées, où atterrir est impossible. De plus, avec l'eau, on risque moins la casse que sur un terrain inconnu, lors de l'atterrissage.


Moins connu mais si intéressant, il ne faut pas oublier l'autogire, qui combine les avantages de l'avion et de l'hélicoptère, en évitant une bonne partie de leurs inconvénients respectifs : besoin d'une longue piste pour l'un, fragilité et consommation pour l'autre.

Lui décolle et se pose en quelques mètres, et ne consomme que le carburant nécessaire à son moteur de propulsion, la sustentation se faisait par autorotation libre.

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Dans tous les cas, quelques dizaines d'heures de pratique suffisent pour pouvoir se débrouiller correctement, sur tous ces petits appareils. Et si la navigation se fait uniquement à vue, de jour, elle est vite maîtrisée.

Et quand le carburant vient à manquer totalement ?

Il resterait le planeur, bien sûr...

Mais alors, il faut un avion, pour le mettre en service ?

Pas obligatoirement, car il y a aussi le départ au treuil (qui peut éventuellement être mû à la vapeur). Et peut-être aussi le remorquage derrière une voiture, si la configuration du terrain s'y prête (en pente forte).

Plus, les modèles automoteurs, pourvus d'un petit moteur qui est utilisé juste le temps de décoller, et qui s'escamote dans le fuselage, dès que l'on peut s'en passer. Bien qu'impliquant une très faible consommation de carburant, ils sont tributaires de ce carburant, quand même.

Si les conditions sont favorables, un trajet aller et retour, d'un bout à l'autre de l'Europe, dans le sens Est-Ouest est possible, en une journée de vol. De même que le franchissement de la Méditerranée, en plein par son milieu.

Seul inconvénient, le faible volume utile, pour l'emport de charges.


Et le ballon libre ? Peu intéressant, du fait de sa grande consommation de gaz propane (un dérivé du pétrole, et donc pouvant devenir rare, lui aussi), sans parler de sa faible maniabilité (pour aller dans la direction que l'on veut). Il en est de même pour les dirigeables, dont le gaz hélium n'est pas facile à obtenir, en situation de pénurie...


A usage strictement individuel (sauf saut en tandem), il y a le parapente qui, en cas de progression en terrain très accidenté, peut faire gagner bien du temps, et économiser bien de la fatigue.

A chaque fois que l'on arrive sur une crête assez dégagée et alors que l'on devrait normalement redescendre la nouvelle pente, jusqu'au fond de la vallée, avant d'entamer la pente suivante, il suffit de déployer sa voile, et de se laisser glisser jusqu'au bas de la pente suivante (ou même un peu plus haut, si c'est possible), en évitant la descente et la traversée de la vallée. Une fois arrivé, on replie le parapente, jusqu'à la prochaine occasion de l'utiliser.

Le deltaplane, par contre, est de très peu d'utilité, du fait de son poids, et de son encombrement, comme aide à la progression en terrain montagneux, pour une personne seule.

Tout ceci étant dit, employer un moyen de transport aérien, en temps de crise, implique que l'on en dispose avant, ou bien que l'on arrive à s'en procurer un, ou bien encore que l'on est capable de le fabriquer. Chaque cas présentant bien plus de complications et de difficultés, que les précédents...

Tout bien considéré, l'ULM, surtout le trois axes (celui qui a des ailes rigides), pourrait être un bon choix : faible coût (par rapport à beaucoup des autres options), facilité de maintenance, décollage et atterrissage sur des terrains courts, prise en main rapide, indépendance (au contraire du planeur, sauf si ce dernier est automoteur)...

Bien que la consommation horaire de carburant, de la plupart des appareils volants, à moteurs, soit plus élevée que celle des véhicules terrestres, elle est souvent inférieure, si l'on raisonne en distance parcourue, pour un même volume de carburant. Toujours l'effet de ligne droite, par rapport à une progression sinueuse, sur le terrain. Et puis, dès que l'on quitte le macadam, pour rouler en terrain naturel, la consommation d'un véhicule terrestre grimpe en flèche.

Zapata

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