21/02/2015

Abri et couchage en survie, comment optimiser par Zapata


Après avoir lu pas mal de choses, sur ce site et d'autres, en matière de couchage et d'abri, je me permets d'intervenir, pour essayer de dégager ce qui, à mon avis, est essentiel.


Effectivement, si l'on se réfère à tous les livres sur la survie, ce qui handicape ou bien tue le plus vite, une personne en pleine nature, c'est l'exposition aux rigueurs climatiques (qu'elles soient d'une humidité excessive, d'en température trop élevée ou trop basse, etc., sans parler des atteintes dues au vecteurs de maladies...).

Bref, avant même de se préoccuper de l'eau ou de la nourriture, l'essentiel, le prioritaire, le primordial, c'est de disposer d'un abri assurant une protection suffisante contre les intempéries.

Je passe sur les solutions typiquement de survie : abri de branchage, creusement d'un trou dans la neige ou dans le sable..., pour envisager le cas où le besoin d'abri n'est pas subit par la personne mais a été anticipé avec le meilleur équipement possible.

Du fait que nous sommes plutôt en zones climatiques où les agressions météorologiques sont plus du fait des températures trop basses et d'une pluviométrie forte, que de leur contraire, je vais aussi zoomer sur ces types de contextes.

Autre préoccupation, celle d'optimiser le rapport protection/poids/coût/encombrement/facilité de mise en œuvre, mais aussi exigences de la vraie survie (furtivité, silence, mobilité, rapidité).

Tout ces préambules rédigés, passons au vif du sujet.

La protection la plus efficace, outre l'abri en dur (cabane, etc.), c'est la tente. Une fois dedans, si elle est de bonne qualité et bien installée, le vent peut souffler, la pluie être diluvienne, les moustiques et autres bestioles voraces, on est protégé.

Oui, mais il y a aussi des inconvénients : un poids et un encombrement non-négligeables, sauf des modèles de très haut de gamme et donc très chers, et parfois la légèreté se paie par une moindre solidité...

Défaut plus grave, en situation de survie, une fois dans votre tente, vous êtes à demi-sourd, et complètement aveugle à ce qui peut se passer autour de vous.

C'est bien pourquoi, certains professionnels n'utilisent jamais de tente, mais plutôt une simple bâche tendues sur une fil, et formant deux pentes, dont les côtés n'arrivent pas jusqu'au sol. Je ne me fais pas plus long sur la description, évidente pour tous. Ainsi, on est protégé des intempéries liquides (pourvu que le vent ne soit pas trop violent), et l'on dispose d'une vue à 360° sur l'environnement.

Il existe cependant une tente camouflée, disposant d'ouvertures amovibles, sur tous les côtés, utilisée par les photographes animalier, qui pourrait être une solution. Toutefois, ces ouvertures sont placées pour des personnes accroupies et veillant, mais pas une personne allongée, ce qui limite la possibilité de veille continue, en se reposant allongé.

Dans sa forme la plus rustique, l'abri simple bâche est utilisé par la personne qui dort alors directement sur le sol, en gardant ses vêtements. Ainsi, elle garde toute sa mobilité, pouvant même abandonner l'abri sur place et n'ayant qu'à saisir son sac à dos.

Plus confortablement, on peut vite préférer disposer d'un matelas de sol, isolant du froid et de l'humidité.

Ajouter une deuxième bâche (de sol), imperméable, permettra de rester au sec, même si des petites rivières se forment au niveau du sol, par ruissellement, à condition que la bâche soit formée en cuvette d'environ 20 cm de bord, pour isoler de ces écoulements.

Choisir la bâche de toiture assez grande pour arriver presque au sol par ses côtés et être bien débordante par ses deux extrémités, ainsi qu'une orientation judicieuse par rapport au vent, empêcheront les rafales de pluies d'atteindre vos affaires et vous-même.

Si la solution de dormir dans vos vêtements vous est trop inconfortable, il faut maintenant aborder le sujet du couchage.

Malgré ses défauts (poids, volume, moindre isolation thermique), le couchage en synthétique me parait indispensable en survie, au détriment du couchage en vrai duvet. Car, une fois mouillé (accidentellement ou pas), ce dernier ne vaut presque plus rien, est long à sécher (à supposer qu'on ait le temps de le faire). Le synthétique, même mouillé, protège un minimum et ne risque pas de moisir, en cas d'imprégnation prolongée.

En situation de survie, le douillet couchage est un vrai piège, car il faut plusieurs secondes, au minimum, pour s'en extraire, et une fois sorti, il vaut faut encore du temps our enfiler vos vêtements, vos chaussures, puis ranger le couchage... Et si vous avez ajouté un sursac, c'est pire encore...

Bref, bien trop de temps dans certaines circonstances. C'est pourquoi je suggérais de dormir dans ses vêtements, chaussures incluses, quitte à se recouvrir de quelques chose, d'ample et de libre (bâche respirante, couverture ou plaid, pour compenser la sensation de froid due à l'immobilité.

Il y a aussi une solution élégante, celle des couchages pourvus de manches, et d'une ouverture de fond permettant de marcher, courir, travailler, depuis son couchage, ce qui élimine une partie des reproches faits précédemment. Je me permets cependant de souligner qu'outre son prix élevé, un tel duvet, en situation de fuite impromptue (sans avoir le temps d'en sortir) au travers de broussailles, aura vite fait de le mettre en lambeaux (très coûteux), contrairement à ses vêtements de jour conçus pour y résister, ce qui nous ramène à l'option de passer la nuit tout équipé, où presque.

Il existe aussi, mais rare à trouver, le "pied d'éléphant", un demi-couchage, par le bas. On garde ses vêtements (surtout ceux du haut), on enlève ses chaussures, et on glisse la partie inférieure du corps dans ce pied d'éléphant. On gagne en poids et en encombrement, et un peu en rapidité de rhabillage urgent...

Autre solution, vendue au Vieux Campeur, les années précédents, mais disparue cette année, un couchage à ouverture immédiate, conçue pour ls professionnels. Cette solution garde les inconvénients déjà évoqués : le temps nécessaire pour s'habiller et plier bagage...

Il nous reste encore d'autres options à vous proposer, plus axées sur la faune encombrante, surtout en été, qu'elle soit volante ou rampante.

Tout d'abord, chez USMC, un couchage tropical (dont très léger), pourvu d'une voilette anti-insectes, au niveau de la capuche de l'utilisateur. Une fois dans votre couchage, rien de minuscule ou de plus gros ne peut entrer en contact avc votre peau. Bien sûr, il reste le problème de l'extraction rapide, etc. Par contre, comme ce couchage est très peu isolant, on peut très bien y dormir avec ses vêtements, et seules les chaussures seront à enfiler, en cas de départ précipité...

  
Également intéressant, les hamacs-moustiquaires, qui assurent le même effet anti-insectes, en ajoutant la possibilité de ne pas être en contact avec le sol.

Le modèle le moins cher est proposé par USMC, mais il est en coton, au niveau de la toile du hamac, ce qui nous fait douter de sa durabilité en forte humidité, sans parler du poids supplémentaire, une fois bien mouillé, et du poids initial (celui de la toile de coton épaisse).

Le modèle le plus cher est celui du Vieux Campeur, tout en synthétique, et donc préférable, pour les raisons juste invoquées.

Dans les deux cas, l'utilisation est très flexible : posé au sol, avec juste le toit mis en tension entre deux supports, ou bien intégralement en suspension entre deux supports. Il suffit de le placer assez haut pour ne pas toucher le sol, une fois en charge, mais pas trop haut non plus, pour que sa silhouette soit peu visible.. L'ajout d'un filet genre "salade", ajoutera à la discrétion.

Du fait de la moustiquaire, la visibilité de l'environnement est totale. Et comme cette moustiquaire est intégrale et périphérique, elle permet de travailler où de manger en continuant à être isolé des insectes, contrairement au couchage avec voilette.

Alors, c'est la solution idéale ? Pas tout à fait, car il y a un petit défaut : le toit est relativement peu débordant. Ce qui n'est pas un inconvénient dans son milieu d'utilisation habituel, la jungle, où la pluie, en forêt, tombe plutôt verticalement, ce que ne fait pas toujours la pluie par chez nous, si le vent est assez fort.

Une solution ? En plus de chercher un coin faisant coupe-vent, il y a la possibilité de doubler ce toit par la bache étanche évoquée en début de ce texte, venant beaucoup plus bas et débordant mieux.

Il nous reste une dernière option, entre le hamac de jungle et le couchage à voilette : la moustiquaire auto-portante, vendue par USMC, et pourvue d'arceaux de tension, ce qui la rend indépendante de supports proches. Du fait de sa taille, on peut y mettre son couchage, mais aussi quelques affaires, permettant de travailler ou de manger (allongé ou semi-allongé), à l'avri des insectes. Seul défaut du produit : il est livré sans bâche, ni tapis de sol, ce qui implique de les adapter, les uns aux autres, avec soin, car le moindre interstice sera exploitè à votre détriment.

  
N’oublions pas que les systèmes de couchage à voilette, et de hamac-moustiquaire vous protègent non seulement des insectes volant et rampants mais aussi des reptiles (rarement problématiques en France, mais ailleurs...).



Les conclusions ?

La tente assure la meilleure protection et la plus faible possibilité de surveillance de son environnement.

Dormir avec ses vêtements, plus un quelque chose par-dessus, est le seul moyen de garder sa réactivité maximale. En y adjoignant un tapis de sol isolant et une petite bâche étanche et en cuvette, plus une bâche étanche en toiture, on est prêt à encaisser les intempéries, sans se geler ni être transformé en éponge humide.

Pour les insectes et autres nuisibles, le hamac-moustiquaire, utilisé au sol (avec un matelas isolant, ou bien en hauteur, plus une bâche de toiture étanche, me semble l'idéal. Toujours en utilisation "mobile" : tout habillé avec un quelque chose (plaid, couverture polaire, jeté par-dessus).

Dans tous les cas, surveillance des alentours optimale (à la vue et à l'oreille), poids minimal, encombrement pareil...

Le facteur climatique dont il faut à tout prix se protéger, c'est la perte thermique (vent, température, humidité). La pire d'entre elle est souvent l'humidité, dont il convient de se prémunir au maximum, y compris l'humidité interne (transpiration). En restant dans le domaine du raisonnable, il vaut mieux avoir un peu froid mais être bien sec, que le contraire (sans oublier que la transpiration implique une perte hydrique accrue).

Les eskimos traditionnels portaient des fourrures lourdes et amples, flottantes autour du corps. Quand ils étaient au repos, de par leur poids, ces fourrures plaquaient sur le corps qui était bien au chaud. Dès qu'ils étaient en mouvements ces fourrures bougent librement, et la chaleur corporelle en excès était automatiquement évacuée, d'autant plus vite que l'activité était forte. Dès le retour à l'immobilité, la chaleur du corps était de nouveau confinée, automatiquement...



Quelques suggestions finales :

Une bonne partie de ce qui est décrit dans ce texte, et vendu assez cher, peut être bricolé, pour nettement moins cher, avec un minimum d'habileté et une machine à coudre de base (sauf peut-être certaines coutures de sangles, qui impliqueront le recours à la paumelle et aux aiguilles de voilerie ou bien au poinçon de maroquinier).

Le tissu vendu pour faire les rideaux translucide pourra servir de moustiquaire, un hamac import peut se trouver à bas prix (ne prendre qu'un modèle avec barres transversales de mis en tension de la toile synthétique). La bâche étanche peut se trouver, prédécoupée, en promotion, dans les magasin d'outillage (il faudra arbitrer entre le poids et la solidité).

Une bonne décoction de thé noir, ou d'autres plantes, vus permettra de teindre vos réalisations dans des coloris très neutres, très sombres et surtout très "éteints", qui seront éventuellement bien plus efficaces que les impressions camouflées du commerce...

Bref, on peut s'inspirer des modèles du commerce et s'en servir comme inspiration pour réaliser on modèle super adapté à ses besoins particuliers, pour bien moins cher.

Il existe des livres, en anglais, sur le do-it-yourself, et l'entretien/réparation de ses équipements d'outdoor (vêtements, portages, abris...), pleins de conseils et d'idées, si vous en manquez... Voir chez Amazon, par exemple...

Point essentiel pour votre sécurité : en dehors de l'Union Européenne et du continent Nord-Américain, il est totalement déconseillé d'utiliser tout ce qui peut rappeler, de près ou de loin, un équipement ou des vêtements militaires (teintes olive/kaki/camouflages divers, vêtements à poches cargo, gourdes et ceinturons ou brêlages, chaussures Rangers, etc.).

Si l'on veut quand même du low-profile, on s'équipe sur place, mais en choisissant les teintes les plus neutres disponibles. Toutefois, il y a également des pays où l'étranger qui est vêtu à la mode locale attirera aussi la suspicion...

Tout ce qui est GPS, carte, boussole, jumelle, talkiewalkie/, peut avoir les mêmes effets, et attirer les mêmes déboires..., dès que l'on sort de l'UE et de l'Amérique du Nord (USA/Canada).

Zapata

Discussion sur le forum : http://le-projet-olduvai.kanak.fr/preparation-en-dehors-du-domicile-f40/abri-et-couchage-en-survie-comment-optimiser-t1995.htm

Ci-dessous, exemples d'abris de fortune :

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