17/12/2012

Les morsures de serpents



Les morsures de serpents dans le monde

 " On compte annuellement 5 millions de morsures de serpent et 150 000 décès, principalement dans les pays tropicaux. Les vipères entraînent des hémorragies et les cobras des paralysies respiratoires mortelles. Le sérum antivenimeux est le seul traitement.

La fréquence et la sévérité des envenimations ophidiennes varient considérablement en fonction de la latitude. Les climats tropicaux, surtout humides, abritent une plus grande diversité et densité d’espèces. La probabilité de survenue d'un accident est très variable.


Le comportement des espèces venimeuses, notamment vis-à-vis de l’homme, mais aussi les activités de ce dernier expliquent la fréquence des rencontres et les différences géographiques d’incidence et de populations à risque. Alors que les serpents ne sont responsables que de 10% des accidents d’envenimation ou d’intoxication par les animaux, ils entraînent 80% des décès (fig. 1).



La composition des venins va influer sur la nature des symptômes et leur gravité. Cependant, la prise en charge des victimes, largement dépendante de l’accessibilité aux soins, notamment l’éloignement des centres de santé et la disponibilité des médicaments, en particulier des sérums antivenimeux, va conditionner l’évolution clinique de l’envenimation. La létalité et la prévalence des séquelles sont beaucoup plus fortes dans les pays en développement, non seulement parce qu’il s’y trouve davantage d’espèces dangereuses, mais aussi parce que les traitements y sont très insuffisants.

Parmi les serpents terrestres (2 500 espèces environ), deux familles sont principalement concernées :

  • les Viperidae d'une part, qui regroupent les vipères vraies de l’Ancien Monde et les crotales de l'Amérique et de l'Asie du Sud-Est (fig. 2) ;


Bothrops brazili



  • les Elapidae d'autre part, cobras, bongares asiatiques et mambas africain, serpents corail américains, Elapidae australiens et serpents marins (fig. 3).




D’autres familles, comme les Atractaspididae ou vipères-taupes, serpents fouisseurs pourvus d’un venin cardiotoxique, et certains Colubridae opistoglyphes peuvent infliger des morsures graves, voire mortelles. Cependant les accidents dus à ces deux dernières familles sont rares en dehors des manipulations de l’animal. 





Chez les serpents, le venin est fabriqué par une glande d’origine salivaire située en région temporale ; il est injecté dans la proie ou la victime, par des dents maxillaires spécialisées dont la disposition varie selon les familles (fig. 4).

Les serpents se rencontrent sous toutes les latitudes entre les deux cercles polaires. Cependant, c’est surtout en zone tropicale, notamment en Asie et en Afrique, que se trouvent les espèces les plus dangereuses et les peuplements les plus importants. Ceci explique une incidence et une sévérité des envenimations d’autant plus élevées que l’on s’approche de l’Equateur (fig. 5). 





Au total, on compte plus de 5 millions de victimes de morsures de serpent chaque année dans le monde. Près de 150 000 en meurent, faute de soins appropriés, dont 70 % en Asie et 20 % en Afrique.


Les venins de serpents servent à immobiliser rapidement la proie et à commencer sa digestion. La rapidité et l’intensité de ces fonctions sont d’autant plus nécessaires que les serpents, dépourvus de membre, sont incapables de contention ou de découpage.

Le venin de chaque espèce présente une composition biochimique propre qui s’exprime autant par son action pharmacologique que par ses propriétés antigéniques, c’est-à-dire sa capacité à induire les mécanismes de défense chez l’animal mordu. Cela explique que le sérum antivenimeux qui utilise cette propriété (voir plus loin) doit être adaptée à l’espèce venimeuse responsable de la morsure.

Les venins sont essentiellement composés d’enzymes et de toxines.

A - Enzymes

Les enzymes transforment des substances (ou substrats) en composés nouveaux : il s’agit, le plus souvent, de dégradation ou de modification de structure chimique permettant au nouveau composé d’avoir une action pharmacologique particulière. En outre, la toxicité n’est pas directement proportionnelle à la quantité injectée, même si cette dernière conserve une certaine influence, notamment sur la rapidité d’apparition des symptômes. En revanche, l’action toxique peut se prolonger plusieurs jours après la pénétration de l’enzyme, avec des conséquences tardives. La plupart des enzymes sont dépourvues d’action toxique ou déterminent des troubles cliniques mineurs parce que bien compensés par l’organisme. D’autres ont une action clinique marquée, voire mortelle. De nombreuses enzymes de venins de serpent agissent sur la coagulation sanguine en remplaçant les facteurs qui favorisent ou au contraire inhibent la formation du caillot. Ainsi, certains venins provoquent l’apparition rapide d’un caillot qui peut obstruer les vaisseaux sanguins et entraîner des thromboses cérébrales ou cardiaques, notamment. Dans un second temps, la formation continue de caillots va se traduire par une perte des capacités de l’organisme à les fabriquer, fautes de substances nécessaires à leur fabrication, ce qui va induire un syndrome hémorragique potentiellement mortel. D’autres enzymes, les protéases, provoquent la destruction des tissus conduisant, en partie, à la nécrose.

B - Toxines

 
Les toxines sont des protéines de petites tailles, diffusant rapidement dans l’organisme, qui se fixent sur des récepteurs cellulaires spécifiques dont elles perturbent le fonctionnement. Les plus importantes sont les neurotoxines qui bloquent la transmission neuro-musculaire. Les toxines postsynaptiques se lient au récepteur de l’acétylcholine de la jonction neuro-musculaire et empêchent la liaison avec l’acétylcholine, entraînant une paralysie musculaire. Les toxines présynaptiques, plus volumineuses et plus complexes que les précédentes, empêchent la libération de l’acétylcholine au niveau de la plaque neuro-motrice. Elles présentent généralement une activité enzymatique qui se traduit par la destruction plus ou moins importante de la fibre musculaire ou nerveuse....."



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http://www.le-projet-olduvai.com/t1230-les-morsures-de-serpents

Source:
http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/zoologie-1/d/les-morsures-de-serpents-dans-le-monde_738/c3/221/p1/

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