16/12/2012

Météorologie, survie, autarcie




La météorologie en survie est essentielle. Que ce soit pour prédire le gel qui risque de ruiner votre potager, la tempête qui va couler votre voilier, les intempéries qui vont pourrir votre journée de chasse...

Plein de choses dépendent bien de la météorologie, en survie comme en autarcie : planter ou récolter, cueillir ou traiter, chasser ou pêcher, partir ou attendre, continuer ou rebrousser chemin, etc.

Mais, ce n'est pas tout. En moyenne montagne, une erreur de prévision peut vite virer au drame : hypothermie, foudroiement...

Par contre, maîtriser, autant que faire se peut, la connaissance du temps à venir, peut être très utile.

Par exemple, savoir que le brouillard se formera cette nuit, à partir de telle heure, peut vous permettre de traverser une zone dangereuse sans être détecté, ce qui aurait été le cas, si vous aviez tenté le coup avant...


Comme toujours, et comme dans d'autres domaines, nous sommes plus des consommateurs que des acteurs, en matière de météorologie, en nous contentant d'écouter les bulletins et de voir les cartes (TV, radio, Web...). Mais si ces services s'interrompaient...

Pour mémoire, en temps de guerre, les bulletins météorologiques sont supendus, même si l'existence des satellites rend cette mesure moins efficace qu'avant. On avait même, sur la BBC, interrompu la radiodiffusion en direct du carillon de Big Ben, parce que le son entendu à la radio était différent, suivant que le temps était beau, pluvieux, venteux, avec du brouillard, sur Londres, ce qui aurait pu servir à l'aviation allemande, pendant la WWII...


Ce dont vous avez besoin, essentiellement, c'est de connaître le temps à venir dans un rayon d'une centaine de kilomètres tout au plus, si vous êtes en déplacement à pied ou bien avec un moyen de locomotion lent (cheval). Le rayon se réduit à une dizaine de kilomètres, si vous êtes en point fixe (logement). La plage temporelle utile va de quelques minutes à environ 48 heures, pour la plupart des besoins, et d'ailleurs, au-delà de deux jours, votre prévision tournera vite à la possibilité envisageable, ou même à la probabilité très incertaine.


Les matériels essentiels, selon votre budget :

0 euros : rien, sauf vos yeux, vos oreilles, votre peau, et un minimum de savoir et de jugement.

Par l'observation attentive de certains signes, dans le ciel, autour de vous, en vous, vous allez pouvoir détecter et prévenir certains phénomènes. Il ne s'agit pas de dictons (parfois vrais, parfois fantaisistes), ni de croyances sujettes à caution, mais de l'application de règles et de lois métérologiques liées à des phénomènes bien connus et compréhensibles.


Une centaine d'euros : un baromètre, un hygromètre, un ou deux thermomètres (avec deux, on peut réaliser un psychromètre, pour mesurer l'humidité, à la place de l'hygromètre), une girouette ("faite maison"),éventuellement un anémomètre (lui aussi "fait maison"), plus quelques bricoles comme une plaque de verre (pour faire un néphoscope, et observer les nuages avec leurs déplacements), un carnet de note et un crayon, et toujours votre ordinateur autonome (situé juste entre vos deux oreilles).

Par l'enregistrement de la variation des indications de ces intruments, en plus des observations décrites précédemment, vous allez pouvoir affiner vos prévisions et même pouvoir leur donner un horaire.

En ce qui concerne l'instrumentation citée, elle existe en version électronique (précision, compacité ; mais aussi dépendance aux piles et fragilité, sans oublier la durée de vie limitée) ; et en version mécanique (encombrement, moindre précision ; mais une bien plus grande durée de fonctionnement, sauf casse).


Des centaines d'euros : vous recevez en direct les cartes et les prévisions en provenance des satellites météorologiques, ou bien des stations de radio pour la pêche et l'aviation, vous avez une centrale météorologique complète, reliée à votre ordinateur qui vous présente des courbes et des prévisions, automatiquement.


Le matériel, c'est bien, mais savoir l'utiliser c'est mieux, et la notice n'y suffira pas, surtout pour interpréter et exploiter les mesures. Donc, quelques livres sont à lire. Vous les trouverez en bibliothèque, sur Amazon, etc. Certains sites américains proposent des cours très complets et gratuits, à télécharger en PDF, mais en langue anglaise...

Les meilleurs livres, en matière de prévision amateur, avec un minimum ou pas de matériel du tout, sont également anglais.

Juste un exemple : de Alan Watt, "Instant Weather Forecasting", "Instant Wind Forecasting", "The Weather Handbook".

Cependant, les Glénans éditent une plaquette sur la prévision météorologique, extraite de leur énorme "Cours de Navigation", qui est intéressante, mais assez centrée sur la prévision par l'exploitation des ressources documentaires habituelles (Météo France), ce qui n'est pas dans notre logique survivaliste. Toutefois, les phénomènes essentiels à connaître y sont aussi tous exposés, de façon compréensible.

Des exposés de base sont accessibles, sur le site de Météo France, sur le Web.

Sinon, le CNED (Centre National d'Enseignement à Distance) fait aussi une formation à distance, de météorologie, dont le coût dépasse les deux centaines d'euros, quand même...


Et, en matière de climatologie, c'est à dire non plus des prévisions à deux jours, mais pour la saison prochaine ? Cette fois, c'est plus difficile, et seules des tendances peuvent se laisser deviner, mais l'efficacité de la prévision sera moindre que pour la météorologie, tout en pouvant quand même aider...


Parfois, certains objets peuvent être très utiles, en météorologie, sans que l'on pense à eux d'abord. Par exemple, un petit récepteur transistor permet de savoir s'il y a des orages en cours jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres de distance, de repérer s'ils s'approchent, d'estimer la direction d'où ils viennent... Tout ce qui précède, à condition de savoir comment s'y prendre, bien sûr...



Question:
" Justement, le coup du récepteur radio, j'aimerais bien savoir m'y prendre... Peux tu préciser s'il te plaît? "


Il suffit de disposer d'un petit récepteur GO/PO, de quelques euros.

On commence par le mettre en GO, et à le régler sur une fréquence libre (pas de station audible), et l'on écoute pendant environ une minute.

Si l'on entend des craquements, pas trop forts, c'est qu'il y a des orages en cours, mais ils sont encore loin. Si l'on n'entend rien, c'est qu'il n'y a pas d'activité orageuse à moins de 200 km du point d'écoute.

Supposons que les craquements, au fil du temps, se font de plus en plus puissants. C'est que les orages se rapprochent et qu'ils sont à quelques heures. Il faut alors régler la radio sur une station en GO dont l'émetteur est situé à plus de 100 km de distance.

France Inter est à Allouis, presque en plein centre de la France ; Europe 1 est près de la frontière allemande ; RTL est au Luxembourg ; RMC est près de Monaco.

Une fois à l'écoute de cette station choisie, si les craquements arrivent à être audibles, par dessus le programme écouté, c'est que les orages continuent à se rapprocher, et l'on passe à la phase suivante.

Elle consiste à mettre la radio en PO, et à la régler sur une station que l'on sait être à plus de 200 km (par exemple, une des stations régionales du programme Radio Bleu, comme celle de Lyon, etc.). Si l'on entend les craquements facilement, derrière le programme diffusé, c'est que les orages sont désormais à une centaine de kilomètres.

Et l'on passe donc à une autre station (toujours en PO), mais située à moins de 50 km (ce qui peut poser un problème, suivant là où l'on se trouve). Si les craquements arrivent maintenant à se faire entendre, sur ce nouveau programme, c'est que les orages sont à portée de vue, quelque part sur l'horizon, en sortant de chez soi...

Cette méthode, bien qu'approximative, permet d'être averti plusieurs heures à l'avance, donc bien plus tôt que par la seule observation visuelle. Elle est plus facile à utiliser de jour que de nuit, où plein de stations sont présentes en bande PO, ce qui complique l'audition des craquements.

Si les craquements, à un moment donné, cessent d'augmenter, ou même s'ils diminuent, c'est que les orages se calment, ou bien qu'ils s'éloignent, après être passés plus ou moins à proximité.



Comment déterminer, très approximativement, la direction des orages ? En se servant du fait que l'antenne intérieure (celle pour la réception des GO et des PO), de la radio, est directive, donc plus sensible dans certaines directions, et moins dans d'autres...

Cette antenne intérieure est un bâtonnet disposé selon la plus grand dimension de la radio, autrement dit horizontalement, normalement, quand la radio est posée sur son fond. Comme cette antenne capte très mal à ses deux extrémités (donc, aux deux bouts de la radio), si l'on fait tourner le récepteur, il y a une position où les craquements vont diminuer d'intensité, apparemment.

Dans cette situation, les orages sont dans l'une des deux directions pointées, mais sans pouvoir savoir laquelle des deux exactement...

L'antenne GO/PO, interne, n'est pas à confondre avec l'antenne télescopique et externe, qui est nécessaire pour la FM.



Pour une détection plus précise, il existe aussi un appareil spécialisé, gros comme une télécommande d'alarme, alimenté par une pile R6, et disposant d'une pince pour le fixer à une ceinture, une sangle, etc.

Un interrupteur permet les positions : arrêt, marche avec indicateur visuel, marche avec indicateurs sonore et visuel. Une rampe de Leds sert d'indicateur de la distance à laquelle se trouvent les orages : 65 à 50 km, 50 à 40 km, 40 à 20 km, 20 km à 10 km, moins de 10 km.

A chaque éclair, une des Leds s'allume, pour indiquer sa distance. Si l'on presse sur l'interrupteur, la rampe de Leds clignote selon un code : de gauche à droite = les orages se rapprochent ; de droite à gauche = les orages s'éloignent ; en convergeant vers le centre de la rampe = les orages sont stationnaires.

Cette indication repose sur l'enregistrement des éclairs précédents et de leurs distances respectives.

Ce produit s'appelle "StrikeAlert", il est fabriqué en Angleterre, et il est diffusé par la société Littoclim, de Caen, pour une centaine d'euros.



Zapata

La suite....
http://www.le-projet-olduvai.com/t1788-meteorologie-survie-autarcie

Réactions :

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire